Qui sommes-nous?

Peter Benenson

Cet avocat britannique né en 1921 est le père fondateur d’Amnesty International.

Fallait-il être utopiste, en 1961, pour penser que de simples citoyens pourraient faire pression sur les États qui, partout dans le monde, violent les droits humains ? Benenson n’avait pourtant rien d’un rêveur ou d’un fou. Du courage, de l’indignation, de la foi, une solide connaissance des institutions, des objectifs précis et une bonne dose de génie font sûrement partie des ingrédients qui l’ont conduit à fédérer les citoyens… pour de vrai. Il les a organisés et a lancé la première campagne internationale pour défendre des prisonniers d’opinion. Pourtant, il était né dans un monde et à une époque où il n’existait pas encore le moindre traité international relatif aux droits humains.

Le pari était certes audacieux mais Benenson n’en était pas à sa première bataille. Né en 1921, il s’engage dès ses 16 ans contre le franquisme puis lance un mouvement de soutien en faveur des juifs ayant fui l’Allemagne d’Hitler. Dans les années 1950, un diplôme de droit en poche (Oxford), il défend des syndicalistes en Hongrie, à Chypre, en Espagne. Avec ses amis avocats Mac Bride et Baker, il crée Justice, une première organisation juridique de défense des droits humains, la grande sœur d’Amnesty International (AI) en quelque sorte.

Les années 1960 voient donc la naissance de notre mouvement : Benenson se met à travailler sans relâche pour développer l’action de l’ONG, fournir une grande partie des ressources financières essentielles à l’organisation, créer de nouvelles sections, essayer toutes les techniques de communication et participer, même, à des missions de recherche sur le terrain. En guise de symbole de l’organisation, il opte pour une bougie, s’inspirant d’un ancien proverbe chinois : « Il vaut mieux allumer une bougie que de maudire l'obscurité ».

À la même époque, toujours dans l’optique d’un monde « meilleur », il fonde une association pour les personnes souffrant d’intolérance au gluten (ce dont il est lui-même atteint). Deux décennies plus tard, encore profondément attaché à AI, Benenson devient président d’une nouvelle organisation, la célèbre ACAT, l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (années 1980). Il crée enfin, dans les années 1990, un réseau d’aide destiné aux orphelins de Roumanie.

Il meurt le 25 février 2005, laissant derrière lui un magnifique appel à agir et réagir : « Troquer la peur contre l’espoir, l’inertie contre l’action et l’indifférence contre la solidarité ».