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Racisme systémique

Le racisme systémique existe dans la majeure partie des sociétés, bien qu’il puisse se manifester différemment selon le cas. Cette campagne se veut un engagement collectif contre le racisme. Pour le contrer, il faut s'unir, s'instruire, et agir.


QU'est-ce que Le Racisme systémique ?

Le racisme systémique désigne l'ensemble de la structure sociétale composée d’institutions, de lois et de politiques qui maintiennent un système d’inégalités qui privilégie et opprime différents groupes dans la société selon la « race » qui leur est attribuée. Ces inégalités confèrent des privilèges aux personnes blanches et portent atteinte aux droits des personnes noires, racisées et autochtones.

Ce processus n’est pas toujours intentionnel et il ne signifie pas nécessairement que le personnel de l’organisme est raciste à titre individuel. Bien au contraire, la notion de racisme systémique implique que même si personne n'est consciemment raciste dans une institution, elle peut quand même reproduire les inégalités de pouvoir selon la « race », et opprimer les personnes noires, racisées et autochtones. 

Une distinction importante

Le racisme systémique doit être distingué du racisme individuel. Ce dernier réfère aux paroles et comportements entre les individus fondés sur de la discrimination et des préjugés (conscients ou inconscients) selon lesquels les personnes noires, racisées ou autochtones sont inférieures aux personnes blanches. 

IL FAUT S’UNIR, S’INSTRUIRE ET AGIR

Pour bien comprendre le racisme systémique et ses impacts, il importe de comprendre comment il est présent dans la société.

 

IL EST GLOBAL

Le racisme systémique a un impact sur toutes les sphères de la société, y compris historiques, culturelles, politiques, économiques et sociales dans lesquelles il perpétue la répartition inégale des privilèges et des pouvoirs.

Au Québec et au Canada, notre histoire de colonialisme et d’esclavage fait en sorte que le racisme auquel les personnes autochtones et les personnes noires font face est profondément enraciné dans notre culture. Outre ces deux groupes, les autres communautés racisées subissent elles aussi les impacts du racisme systémique.
 

Agissez et informez-vous

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ILS ET ELLES SOUTIENNENT LA CAMPAGNe

La lutte contre le racisme systémique et le droit international
1948
Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations unies. Cette déclaration fondamentale souligne que toute personne peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la Déclaration, sans discrimination aucune.
1970
Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Elle prévoit que les États parties s'engagent à interdire et à éliminer la discrimination raciale sous toutes ses formes. Le Québec s’est déclaré lié par cette convention en 1978.
1976
Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Il prévoit que toute personne ait droit à une égale protection dans la loi et que la loi interdise toute discrimination et garantisse à toutes les personnes une protection égale.
1989
Convention relative aux droits de l'enfant. Elle garantit le respect des droits de l’enfant sans distinction aucune, indépendamment de toute considération de race ou de couleur de l'enfant ou de ses parents ou représentants légaux.

Notre histoire A tout à voir

Le Québec et le Canada ont été construits sur la base du colonialisme et du racisme. Le projet colonial du Canada avait à son cœur la décimation des populations autochtones, le déplacement de ces peuples de leurs territoires et l’appropriation des ressources naturelles appartenant à ces communautés pour des fins d’exploitation, une pratique qui perdure aujourd'hui. La Loi sur les Indiens, adoptée en 1876, avait pour objectif principal l’assimilation des Premières nations. Elle considérait les Autochtones comme des non-citoyens, exclus du projet national. Les personnes autochtones avec le statut d’Indien inscrit sont considérées comme mineures. Cette loi est toujours en vigueur aujourd’hui. 

L’esclavage au Québec

Le Québec d'autrefois a pratiqué l'esclavage sous le régime français et a continué après la conquête britannique. L’historien Marcel Trudel a répertorié 4 185 esclaves dans l’histoire du Québec, de 1629 jusqu’à l’abolition officielle de l’esclavage dans l’Empire britannique en 1834 (1). De ces 4 185, un tiers était des esclaves noirs et 2/3, des esclaves autochtones. Une grande partie de ces personnes autochtones venaient de la région des Grands Lacs et de ce qui constitue aujourd’hui le Midwest américain (2). Sur 1 574 maîtres d’esclaves identifiés au Québec, 86 % étaient francophones et 14 % étaient anglophones (3). 

L’esclavage au Québec était de nature domestique, comparé à l’esclavage économique de plantation que l’on retrouvait au sud des États-Unis. Cette différence n’était pas due à une aversion vis-à-vis de l’esclavage, mais bien à la nature des activités économiques. Les hivers ne permettaient pas l’émergence de plantations; ainsi, l’économie de la Nouvelle-France n’était pas fondée sur les grandes exploitations agricoles nécessitant une main-d'œuvre intensive. (4) 

 

Selon l’historien Webster : « Vu la nature domestique de l’esclavage au Québec, bien des gens tendent à minimiser l’impact de cette pratique sur les personnes asservies. Cette banalisation néglige le fait que celles-ci sont déshumanisées par le commerce de leur être, déracinées par le démembrement de la cellule familiale et qu’elles n’exercent aucun contrôle sur leur propre corps excepté dans la fuite. » (5)

Les impacts de l’histoire perdurent dans le temps : jusque dans les années 50, on enseignait dans les écoles du Québec qu’il existait quatre races humaines et que la race blanche était la plus évoluée. (6)

Bien que les temps aient changé, le legs et les impacts du racisme et du colonialisme restent très présents dans notre société.

 

Références

(1) Note : selon l’historien contemporain Webster, ce nombre n’est pas exact, parce que Trudel croyait que toute personne afro-descendante dans le passé était esclave et parce que ce ne sont pas toutes les personnes asservies qui ont laissé des traces dans les archives. Pourtant le chiffre sert d’approximation.

(2) Marcel Trudel, L'esclavage au Canada français, Québec, Les Presses Universitaires Laval, 1960.

(3) Webinaire Montréal en action avec Webster, été 2020.

(4) Fugitifs.ca

(5) Fugitifs.ca

(6) Ligue des droits et libertés, capsule sur le racisme systémique, 2019.

 

 

comment se manifeste le racisme systémique ? 

emploi

  • En recherche d’emploi, 35 % des refus de personnes racisées sont attribuables à la discrimination (source)
  • Les personnes racisées au Québec gagnent un salaire 20 % moins élevé que les personnes blanches (source)
  • Les personnes racisées occupent seulement 2% des postes de haute direction dans les secteurs public et des entreprises (source)
  • Les conseils d’administration des sociétés d’État sont presque exclusivement composés de personnes blanches (source)

 

société

  • La proportion des personnes racisées est 2,5 fois plus élevée dans les quartiers défavorisés que dans la région de Montréal en général. Ce sont les quartiers les plus pauvres, et ceux où il y a le moins d’accès aux commerces ou aux transports en commun. (source)
  • À Montréal, les quartiers comprenant davantage de personnes noires ont été 2,7 fois plus touchés par la COVID-19 que les quartiers où les personnes noires sont presque absentes. (source)

JUSTICE ET SURVEILLANCE 

  • À Montréal, les personnes racisées ont quatre à cinq fois plus de chance d’être interpellées par la police que les personnes blanches (source)
  • Les Autochtones représentent plus de 30% des détenus en prison fédérale alors qu’ils ne représentent que 5% de la population canadienne (source)
  • Les femmes autochtones ont 11 fois plus de risque d'être interpellées par la police que les femmes blanches (source)
  • Le taux d'homicide des femmes autochtones est près de six fois plus élevé que celui des femmes non autochtones. (source)
  • Depuis des décennies, au Canada, des milliers de femmes et de filles autochtones sont assassinées ou disparaissent, sans que les ressources et les énergies nécessaires soient mises en œuvre pour obtenir justice ou les retrouver.

 

JE COMMENCE PAR QUOI ?

Chacun.e d'entre nous fait partie de ce système, et nous avons le pouvoir d’agir pour le démanteler. Mais pour lutter contre le racisme systémique, il faut d’abord reconnaître qu’il existe, et s'informer. Ce n'est qu'après ça que nous pourrons débuter la marche vers le progrès. 

Ensemble contre le racisme systémique

L’article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec interdit toute forme de discrimination. Or, il convient de le souligner, la discrimination peut être directe, indirecte ou systémique.

Le travail a déjà commencé 

Nous reconnaissons le travail des organismes  représentant des communautés autochtones et noires et les organismes représentant d’autres groupes ethniques et racisés qui sont en première ligne dans la lutte contre le racisme systémique depuis de nombreuses années. Ces organismes oeuvrent à ce que les gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux se fixent des objectifs audacieux qui auront un pouvoir transformateur sur nos institutions. 

 

Bien qu’il y ait eu certains changements positifs dans la lutte antiraciste au Québec grâce au militantisme des organismes et des communautés, beaucoup de travail reste encore à faire. La conversation et le combat ne pourront pas être terminés tant que le racisme systémique imprègne toujours nos institutions et que les personnes autochtones et racisées sont toujours marginalisées. 

 

eNGAGEZ-VOUS !

Nous nous engageons dans la lutte contre le racisme, et nous nous mobilisons pour pousser le gouvernement à reconnaître que le racisme systémique est un problème dans notre société, et qu’il est plus que temps de passer à des actions concrètes pour protéger les droits de toutes et de tous.

Je m'engage

DEMANDEZ AU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC D'AGIR !

Vous pensez que le gouvernement doit reconnaître le racisme systémique et faire un suivi rigoureux de son plan d’action pour le combattre ? Passez à l’action pour faire écho aux revendications de notre campagne !

Signez !

Stop au racisme contre les personnes autochtones !

informez-vous

Lexique antiraciste

Ressources externes additionnelles 

REVISIONNEZ NOS WEBINAIRES !

Dans le cadre de sa campagne contre le racisme systémique, Amnistie internationale a organisé une série de webinaires portant sur les multiples enjeux que soulève cet enjeu. 

TOUT VOIR


 

LISTE DE LECTURE

  • Fragilité blanche - Robin DiAngelo
  • Comment Devenir Antiraciste - Ibrahim X. Kendi
  • Noires sous surveillance : esclavage, répression et violence au Canada - Robyn Maynard
  • Décoloniser le Canada : 50 ans de militantisme autochtone -  Arthur Manuel et Ronald M Derrickson
  • Kuei, je te salue : conversation sur le racisme - Deni Yvan Béchard et Natasha Kanapé Fontaine
  • Plus aucun enfant autochtone arraché : Pour en finir avec le colonialisme médical canadien - Samir Shaheen-Hussain 
  • Kukum - Michel Jean
  • La pensée blanche - Lilian Thuram

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