• 19 juil 2021
  • Union Européenne
  • Communiqué de presse

Europe/Afghanistan | Les pays européens doivent tenir compte de l’appel des autorités afghanes à suspendre les expulsions

En réaction à une déclaration du ministère afghan des Réfugiés et des Rapatriements demandant aux pays européens de suspendre temporairement les retours forcés vers l’Afghanistan, Adriana Tidona, spécialiste des questions migratoires en Europe à Amnistie internationale, a déclaré :

« L’appel lancé par le ministère des Réfugiés et des Rapatriements afin que les retours forcés soient interrompus, sur fond de détérioration de la situation de sécurité, signifie que l’Europe ne peut plus fermer les yeux sur les dangers auxquels les expulsés afghans sont confrontés. Pendant des années, les pays européens ont essayé d’ignorer ce qui est pourtant flagrant : il est risqué d’expulser des personnes vers l’Afghanistan.

« Les gouvernements européens doivent prendre en compte les inquiétudes de l’Afghanistan, suspendre immédiatement toutes les expulsions prévues, et veiller à ce que les personnes en quête de sécurité en Europe soient protégées. Les ressortissant·e·s afghans ne pouvant être expulsés doivent se voir délivrer les documents nécessaires afin de régulariser leur séjour et d’exercer pleinement leurs droits tant qu’ils se trouvent en Europe. Étant donné que Frontex, l’agence chargée des frontières dans l’Union européenne, coordonne des vols charters pour les retours vers l’Afghanistan, la Commission européenne a elle aussi un rôle très important à jouer, et ne doit pas participer à des opérations exposant des personnes à des violations des droits humains. »

 

COMPLÉMENT D’INFORMATION

Le 10 juillet 2021, le ministère afghan des Réfugiés et des Rapatriements a diffusé une déclaration demandant l’interruption temporaire des retours forcés de « migrant·e·s » afghans. La déclaration mentionne « l’escalade de la violence causée par le groupe terroriste des talibans dans le pays, et la propagation de la troisième vague du COVID-19 », ainsi que la détérioration de la situation de sécurité et le nombre croissant de personnes déplacées à l’intérieur du pays.

Les relations entre l’UE et l’Afghanistan, notamment en termes de gestion de la migration et des retours, sont réglementées par la Déclaration conjointe sur la coopération en matière de migration, qui a récemment remplacé l’Action conjointe pour le futur sur les questions migratoires UE-Afghanistan, datant de 2016.

En 2020, le Global Peace Index a désigné l’Afghanistan comme le pays le moins sûr du monde pour la deuxième année consécutive.