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Grèce

Des camps dangereux pour les réfugié-e-s qui y vivaient ont été évacués

Les trois camps de réfugiés situés à Elliniko, dans la banlieue d’Athènes, ont été évacués le 2 juin. La plupart des réfugiés et des migrants qui se trouvaient encore sur ces sites ont été transférés par autobus dans d’autres camps. Les derniers jours avant l'évacuation, les habitants des camps d’Elliniko ont enfin été interrogés sur leur situation personnelle, mais on ne sait pas encore s’ils ont tous obtenu un hébergement adapté à leurs besoins à la suite de leur transfert.

Le 2 juin, les trois camps d’Elliniko (Athènes) ont été totalement évacués, en présence de la police grecque. Les centaines de réfugiés et de migrants qui se trouvaient encore sur ces sites ont été transférés dans d’autres camps situés en dehors d’Athènes. Les trois camps sont désormais fermés.

Avant l'évacuation, les autorités, avec l'aide de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), ont lancé un processus d’enregistrement pour identifier les besoins individuels d'hébergement des personnes qui vivaient dans le camp. Selon les informations recueillies par Amnistie internationale, ces personnes ont dû répondre à des questions sur leur situation personnelle, par exemple sur la composition de leur famille, la durée de leur séjour en Grèce et leur état de santé. Elles ont ensuite été informées des services qui seraient disponibles à l’endroit où elles seraient transférées.

Bien que ce processus ait été une étape bienvenue, avant son lancement, le ministère grec de la politique migratoire a ordonné à la majorité des ONG qui fournissaient des services essentiels dans les camps de quitter les lieux. Depuis le 23 mai, deux organisations seulement étaient présentes sur les sites pour fournir des services médicaux et distribuer de la nourriture.

Amnistie internationale a été informée que dans l'un des trois camps (l'ancien terminal des arrivées d’un aéroport désaffecté), de nombreuses personnes avaient refusé de s’enregistrer auprès des autorités et de l'OIM en vue de leur transfert vers d'autres sites d'hébergement. Beaucoup ont expliqué qu'elles n'avaient été averties de leur transfert dans un autre camp situé en dehors d'Athènes que par une annonce faite la veille de l'évacuation, dans la soirée. Le jour de l'évacuation, les habitants ont été réveillés par des policiers anti-émeutes qui sont entrés dans le bâtiment et leur ont dit qu'ils devaient quitter les lieux. Amnistie internationale a également été informée par la police grecque que 69 hommes célibataires avaient été emmenés dans un poste de police d'Athènes pour que leurs données personnelles soient enregistrées. Selon les dernières informations reçues, la majorité d'entre eux ont ensuite été transférés dans d'autres camps, mais au moins neuf hommes seraient toujours détenus.

Depuis le mois d’avril, Amnistie internationale appelait à une véritable consultation des habitants des camps d'Elliniko quant aux solutions de relogement, en vue de la fermeture des sites, qui étaient totalement impropres à l'accueil des personnes. De plus, Amnistie internationale avait exhorté les autorités à tenir compte des besoins spécifiques des femmes et des filles, et à opter pour des lieux de relogement situés à Athènes ou facilement accessibles depuis la capitale, afin que ces personnes puissent continuer à bénéficier de l'aide des réseaux établis pendant qu'elles vivaient à Elliniko, et notamment de la prise en charge médicale et psychologique proposée.

Amnistie internationale continuera à surveiller la situation sur le terrain auprès des réfugiés et d'autres contacts, notamment les conditions d'hébergement des femmes et les filles.

Autres informations 

Ceci est la première mise à jour de l’AU 93/17.
Pour plus d'informations : https://www.amnesty.org/fr/documents/EUR25/6091/2017/fr/

Remerciements 

Merci à toutes les personnes qui ont envoyé des appels.

Mis à jour le vendredi, 9 juin 2017