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Omar Khadr : un enfant-soldat malgré tout

Détenu depuis l'âge de 15 ans à Guantanamo, il est accusé de crimes de guerre.

Omar Khadr est né à Toronto (Canada) le 19 septembre 1986. Il est citoyen canadien. En 1988, son père, Ahmed Said Khadr, d'origine afghane, a emmené sa famille à Peshawar, au Pakistan, où il dirigeait une organisation caritative canadienne musulmane qui fut soupçonnée ensuite par les USA de récolter des fonds pour soutenir des camps d'entraînement jihadistes en Afghanistan. En 1992, Ahmed Khadr fut blessé par l'explosion d'une mine et la famille retourna pendant deux ans au Canada. Après son rétablissement, Ahmed Khadr ramena sa famille à Peshawar. Au Canada et au Pakistan, Omar Khadr était inscrit dans des écoles islamiques. Quand Omar Khadr eut 11 ans, sa famille s'installa à Jalalabad, en Afghanistan. Pendant son séjour en Afghanistan, la famille Khadr a séjourné au camp de base d'Oussama Ben Laden et les fils Khadr ont été envoyés dans des camps militaires d'Al-Qaida.

Le père d’Omar a été tué au Pakistan le 2 octobre 2003 (le frère cadet d'Omar, qui accompagnait son père, est paralysé des membres inférieurs suite à ses blessures). Un frère plus âgé d'Omar a été arrêté pour suspicion de terrorisme à Kaboul (Afghanistan) en 2001, envoyé à Guantanamo en 2003, puis relâché. Il est actuellement retourné au Canada.

L’arrestation d’Omar

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... au Premier ministre du Canada pour lui dire qu’Omar Khadr doit être rapatrié.

Omar Khadr a été capturé par des soldats américains lors d’une bataille près de Khost en Afghanistan en juillet 2002, il avait 15 ans.

Le gouvernement américain prétend que Omar Khadr est un combattant d’al-Qaida et le considère comme un ennemi combattant. Au moment de sa capture, il a essuyé trois coups de feu et ses blessures l’ont presque privé de l’usage d’un œil. Selon l’armée américaine, Omar Khadr a tué au cours de l’affrontement le sergent Christopher J. Speer.

Malgré la gravité de ses blessures, Omar Khadr a été soumis à un interrogatoire dès son placement en détention. Omar Khadr a affirmé :

  • qu’on a refusé de lui donner les antalgiques qu’il réclamait à cause de ses
    blessures ;
  • que pendant les interrogatoires, on lui a couvert la tête d’un sac et que des agents étasuniens ont introduit dans la pièce des chiens de l’armée pour l’effrayer ;
  • qu’on a déversé sur lui de l’eau froide ;
  • qu’on lui a attaché les mains au-dessus du chambranle d’une porte et qu’il a dû supporter cette position pendant des heures ;
  • qu’il n’a pas été autorisé à se rendre aux toilettes et qu’il a été contraint d’uriner sur lui.

Après son transfert à Guantánamo Bay en octobre 2002, il a de nouveau été maltraité et torturé, notamment :

  • menotté pendant des heures des mains et des pieds de façon à ce qu’il ne puisse se tenir debout ;
  • détenu dans des lieux extrêmement froids ;
  • soulevé par le cou alors qu’il était menotté, puis jeté à terre ;
  • battu par des gardiens, etc ...

Pour protester contre ces mauvais traitements, Omar Khadr a commencé une grève de la faim en juillet 2005 avec 200 autres détenus ; durant cette période il a été transporté à l’hôpital à deux reprises et a perdu plus de 13 kilos. La grève de la faim a été interrompue après des promesses faites par les autorités américaines, promesses qui n’ont pas été tenues. D’autres grèves de la faim ont eu lieu depuis lors et les grévistes de la faim ont ensuite été nourris de force à l’aide de tuyaux qui leur occasionnent de fortes douleurs.

Le gouvernement américain a déclaré que tous les détenus sont traités d’une manière adaptée à leur âge et à leur statut. Si cela est vrai, le cas d’Omar Khadr indique que la « manière adaptée » comprend la torture et d’autres traitements cruels, inhumains ou dégradants ainsi que le déni de toute forme de justice.

Malgré l’évidence accablante du contraire, les autorités canadiennes ont fait confiance au Secrétaire d’État américain de l’époque (Colin Powell) qui avait déclaré que tous les ennemis combattants sont traités humainement à Guantánamo.

Sa situation en mai 2008

Extraits du document AMR 51/038/2008 d’Amnistie internationale : États-Unis. Le procès d’Omar Khadr devant une commission militaire approche. Le Canada doit agir.

Le traitement réservé à Omar Khadr par les États-Unis et la Loi relative aux commissions militaires au titre de laquelle le jeune homme est privé de sa liberté sont à mille lieues des principes et procédures se rapportant à la justice pour mineurs énoncés dans l’Observation générale n° 10, du Comité des droits de l'enfant des Nations unies. Ce comité est un organe composé d’experts ayant la tâche d’effectuer un suivi afin de s’assurer que les États honorent leurs obligations au titre de la Convention relative aux droits de l’enfant et des protocoles correspondant à celle-ci. Intitulée Les droits de l’enfant dans le système de justice pour mineurs, l’Observation générale n° 10 instaure des principes relatifs à la prise en charge de mineurs en conflit avec la loi, et met l’accent sur le fait que tout individu, qui avait moins de 18 ans au moment où il a commis l’infraction qui lui est imputée, doit être traité conformément aux règles de la justice pour mineurs.

Cela concerne notamment le principe de non-discrimination et de la disposition selon laquelle l’intérêt supérieur de l’enfant doit être la considération primordiale de toute action entreprise.

L’Observation générale n° 10 insiste également sur le fait qu’aucune déclaration arrachée sous la contrainte ne saurait être retenue légalement comme élément de preuve, et attire l’attention sur la propension accrue des mineurs à s’accuser eux-mêmes. Dans le cas d’Omar Khadr, il est fort préoccupant de constater qu’il est possible, en vertu de la Loi relative aux commissions militaires, que le ministère public cherche encore à retenir à titre de preuve les informations arrachées au jeune homme ou à d’autres détenus sous la torture ou d’autres traitements ou châtiments cruels, inhumains ou dégradants. Les interrogatoires qu’il a subis en tant que mineur se sont tous déroulés en l’absence d’un avocat ou de tout autre représentant adulte.

Les autorités américaines ont conçu le système des commissions militaires afin qu’il concorde avec un régime de détention illégal dont la principale caractéristique réside dans sa capacité à contourner le système judiciaire classique. C’est par ailleurs un système capable d’ignorer les différents types de violations infligées aux détenus qualifiés de combattants ennemis. Ces systèmes de commissions et de détention fonctionnent en marge de la protection offerte par le droit international.

Si l’on veut que le centre de détention Guantánamo ferme dans un futur proche, le système des commissions militaires doit être abandonné. Le Canada peut jouer un rôle en aidant les États-Unis à résoudre un problème qu’ils ont eux-mêmes créé. Le gouvernement canadien doit se rendre à l’évidence qu’il est temps de mettre Omar Khadr, ressortissant canadien, à l’abri de nouvelles violations des droits fondamentaux. Il doit intervenir et faire preuve de son engagement en faveur des principes de la justice pour mineurs et des droits humains. Il doit s’opposer au jugement d’Omar Khadr par une commission militaire, demander son rapatriement et, si nécessaire, veiller à préparer le procès de celui-ci afin qu’il soit conforme aux normes d’équité.

Sur les commissions militaires

La juriste Jumana Musa , chargée depuis deux ans par Amnistie internationale d’assister aux audiences des commissions militaires à Guantánamo Bay, a fait la déclaration suivante en réaction à la décision qu’a prise ce lundi 4 juin le juge d’une commission militaire d’abandonner les poursuites à l’encontre d’Omar Khadr :

«Cette décision constitue le revers le plus significatif depuis que la Cour suprême a rejeté les premières commissions militaires. Elle montre que ces commissions doivent être supprimées et que le centre de détention de Guantánamo Bay doit être fermé immédiatement. La décision du juge fait apparaître clairement qu’il ne peut y avoir de procès équitable au sein d’un système qui se met en place au fur et à mesure qu’il fonctionne. Elle suscite de nouvelles questions sur le bien-fondé de la décision du gouvernement de George W. Bush et du Congrès de monter à la hâte de nouvelles entités judiciaires alors qu'il existe des tribunaux fédéraux pleinement opérationnels pouvant mener des procès équitables selon une procédure dûment établie.»




 

article 5
Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

article 8
Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes…

article 9
Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.

article 10
Toute personne a droit, …, à ce que sa cause soit entendue équitablement par un tribunal indépendant et impartial…

article 11
Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente…

Voir le reportage « Le cauchemar d'Omar Khadr » de l'émission « Enquête »
Appuyez la cause d'Omar

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