Campagne « Exigeons la dignité »
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Femmes et logement

Souvent privées de droits, comme ceux au logement et à la terre, les femmes demeurent dangereusement dépendantes des hommes et donc sujettes à vivre dans l’insécurité, la violence ou l’exploitation. Des millions de femmes se trouvent actuellement dans des conditions de vie incertaines et précaires. D’une part, elles peuvent facilement être évincées de leur foyer ou de leur terre à n’importe quel moment et souvent sans recours. D’autre part, elles se retrouvent souvent victimes de violence ou d’abus simplement parce qu’elles n’ont nulle part où se réfugier.

Mme Mayra Gómez, coordonnatrice du Women and Housing Rights Programme (Programme pour les femmes et le droit au logement) du Center of Housing Rights and Evictions (COHRE – Centre du droit au logement et des évincements), s’est prononcée sur la question : « Le droit des femmes au logement n’est pas accessoire – il est essentiel à l’amélioration des conditions de vie des femmes et des jeunes filles du monde entier. Les violations faites au droit au logement n’affectent pas les hommes et les femmes de la même manière. Ces dernières en souffrent davantage en raison même des caractéristiques propre à leur sexe. Effectivement, en plus de faire figure d’abri essentiel, le logement de bon nombre de femmes constitue également leur lieu d’emploi et d’interaction sociale ainsi que l’endroit où elles prennent soin de leurs enfants. Le droit des femmes au logement est donc inextricablement lié à leur sécurité, à leur santé et à leur bien-être ». 1




@Genna Naccache
Paola est une couturière, mère d’un enfant. Elle habite à l’entrée d'une favela au Brésil. Elle est
à bout de souffle : « Nous ne pouvons pas vivre dans ces conditions. Nous vivons dans la peur. »



Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le logement a fait plusieurs études sur les femmes et le logement convenable. Il a conclu que les femmes subissent de plein fouet le choc de l’expulsion car elles doivent souvent emmener leur famille habiter dans des zones éloignées et dans de mauvaises conditions, sans sécurité d’occupation, services de base, accès à l’école, aux services de santé et à l’emploi. Lorsque les familles sont déplacées vers des lieux où elles n’ont pas de moyen d’existence, les hommes ont tendance à partir, laissant aux femmes la charge de s’occuper de la famille comme elles peuvent.

Outre les chocs physiques et psychologiques causés par l’expulsion et l’absence de domicile, les ménages, particulièrement les femmes et les enfants, perdent les réseaux d’aide auxquels ils étaient habitués et leurs relations avec la communauté. La rupture des liens sociaux et la perte de stabilité entraînent de nombreux autres problèmes.2

1 Déclaration du COHRE à l’occasion de la journée internationale de la femme 2009.

2 Rapport soumis au Conseil des droits de l’homme en mars 2009 A/HRC/10/7 page 24

 

 

Au Brésil
Les femmes sont particulièrement vulnérables dans les bidonvilles. Elles sont confrontées à de grandes difficultés lorsqu’elles tentent de signaler des violences conjugales à la police. Dans les zones dépourvues d’installations sanitaires, elles doivent s’éloigner pour trouver un endroit isolé ou attendre la nuit pour pouvoir faire leurs besoins avec un minimum de discrétion, ce qui accroît le risque qu’elles soient victimes de violence sexuelle ou de harcèlement.

 

 

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