Campagne « Exigeons la dignité »
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Les communautés algonquines du Québec


Communautés autochtones Yakyes Axas

Les Algonquins du Québec sont répartis dans neuf communautés situées en Abitibi-Témiscamingue: Kitigan Zibi, Timiskaming, Hunter’s Point, Winneway, Kipawa, Pikogan, Rapid Lake, Kitcisakik et Lac Simon. Sauf pour Kitigan Zibi et Lac Simon, avec près de 1400 personnes résidant sur leur territoire, la population de chacune de ces communautés oscille entre 300 et 500 personnes. À ces chiffres s’ajoutent également les Autochtones qui vivent hors du territoire de leur communauté par choix ou par pénurie chronique de logements.

Population des 9 communautés

Communautés

Résidents

Non résidents

Total

Pikogan 570 300 870
Kebaowek 274 533 807
Kitcisakik 368 69 437
Winneway 377 338 715
Lac Simon 1318 302 1620
Timiskaming 593 1037 1630
Hunter’s Point 9 200 209
Kitigan Zibi 1536 1171 2707
Lac rapide 530 120 650

 

Une population différente, des besoins autres

Selon une étude de l’Agence de la Santé et des services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue, le taux de croissance des Premières Nations de la région est de 9% alors que la population non autochtone est en décroissance. La proportion des jeunes de moins de 15 ans représente 26% de la population contre 17% pour celle non autochtone. Et pourtant, le territoire des communautés n’augmente pas.. Résultats! Un manque d’espace chronique et d’infrastructures, une surpopulation dans les logements, et beaucoup de problèmes sociaux.

Le taux d’emploi et d’activité est beaucoup moins élevé dans les communautés que dans la population non autochtone notamment à cause du faible taux de scolarité et de formation. En fait, on estime qu’au Canada, le taux de chômage dans les communautés avoisine le 80 %. Même si ce chiffre n’est pas valable pour toutes les communautés puisque certaines, proches des grands centres s’en tirent mieux que d’autres, les communautés algonquines du fait notamment de leur isolement géographique, ont des taux d’activité très inférieurs à d’autres communautés autochtones au Québec.

En Abitibi-Témiscamingue, une récente enquête a montré que le revenu moyen d’un autochtone de cette région est de 20 400$ soit 10 000$ de moins que la population régionale. Sans compter que les allocations gouvernementales ne suffisent pas à satisfaire les besoins élémentaires des familles nombreuses (en moyenne 3,6 personnes par famille contre 2,9 dans la population québécoise).  Cette situation a d’ailleurs été dénoncée par les Nations Unies en 2004. « La pauvreté, la mortalité infantile, le chômage, la morbidité, le suicide, la détention criminelle, les enfants pris en charge par le bien-être social, les femmes victimes d’atteintes à leurs droits en matière de sexualité, la prostitution juvénile sont tous des facteurs plus présents chez les peuples autochtones que dans tout autre secteur de la société canadienne » dira d’ailleurs le Rapporteur spécial des Nations unies sur les populations autochtones au Canada.

Des infrastructures limitées

La plupart des communautés algonquines du Québec n’ont pas les ressources financières suffisantes pour offrir tous les services de base à leur population. Chaque conseil de bande est en soi un véritable gouvernement et doit administrer une multitude de services sur son territoire : éducation, santé, construction d’habitations. Les Conseils de bande gèrent donc, avec un budget qu’ils ne contrôlent pas puisqu’il est déterminé par le ministère des Affaires indiennes, l’école et le CPE (lorsqu’il y en a un), les services d’aide sociale et communautaires ou encore la sécurité publique. Malgré tous ces services, les familles doivent constamment sortir de la communauté pour combler plusieurs besoins essentiels et lors de situations exceptionnelles ou urgentes.

Plusieurs communautés algonquines sont difficilement accessibles faute de route asphaltée les marginalisant et isolant davantage. Les coûts pour la nourriture sont plus élevés et se nourrir sainement pour les communautés isolées est très difficile augmentant d’autant les problèmes de santé1.

Le surpeuplement, la pénurie de logements, le manque de ressources d’aide et de refuges, et l’isolement font que les femmes victimes de violence doivent quitter leur communauté. Comme l’a montré Amnistie internationale dans son rapport de 2009 « Assez de vies volées », le phénomène de violence envers les femmes autochtones est extrêmement préoccupant : une femme autochtone a 5 fois plus de risques de mourir de mort violente que toute autre Canadienne.

Cette pénurie de ressources est similaire pour les enfants victimes d’abus qui seront déplacés à l’extérieur de la communauté et généralement placés dans des familles d’accueil non-autochtones loin de leur environnement social mais aussi culturel. Or, le taux de placement est 10 fois plus élevé chez les enfants autochtones que dans le reste de la population d’Abitibi-Témiscamingue.

1Selon une enquête régionale sur la santé des Premières Nations du Québec et du Labrador en 2002-2003, une saine alimentation coûte plus cher dans les communautés isolées, ce qui contribue à l’augmentation de l’indice de masse corporelle et aux maladies cardio-vasculaires.

Accès à la terre

Les Algonquins n’ont pas cédé leurs droits ancestraux puisque les communautés algonquines du Québec n’ont pas été incluses lors des négociations de l’entente de la Baie James, même si une partie du territoire revendiqué empiétait sur la partie nord de leurs terres ancestrales. De plus, selon la Constitution canadienne et le droit international, le gouvernement fédéral a des responsabilités particulières de promouvoir et de défendre les Premières Nations et leurs terres. Un jugement en 2004 de la Cour suprême du Canada établit clairement l'obligation « de consulter les communautés autochtones et de prendre en considération leurs préoccupations avant même qu’elles aient établi l’existence de leurs titres sur des terres ainsi que leurs droits ancestraux ».

En conséquence, les Algonquins devraient donc toujours être consultés lors des projets de développement situés sur leurs terres ancestrales et obtenir, tel qu’ils le demandent, un accord négocié de bonne foi comme le spécifie la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Le Canada étant une État partie des Nations Unies, il est tenu de respecter cette Déclaration même s’il ne l’a pas adoptée.

Or, cette responsabilité a été négligée plus souvent qu’autrement par le gouvernement fédéral particulièrement dans les dossiers touchant le développement des ressources naturelles, qui est un domaine de compétence provinciale. Les questions territoriales sont abordées de manière conflictuelle. Cette approche nuit finalement à la reconnaissance des droits de tous, mais surtout de ceux des Algonquins qui ont l’impression que le développement et l’exploitation des ressources se fait non seulement sans eux, mais surtout contre eux.

Avant le ralentissement économique de 2008, le Québec connaissait une période de croissance économique au cours de laquelle l’exploitation des ressources naturelles a été encouragée. Du début du 20ième siècle jusqu’à aujourd’hui, les terres ancestrales des Algonquins ont fait l’objet de nombreux projets de développement miniers, hydroélectriques et forestiers. Ces projets se sont réalisés la plupart du temps sans le consentement ni la participation des communautés situées sur les sites à exploiter ou à proximité. Les quelques ententes qui interviennent ponctuellement l’ont été suite à d’importantes manifestations des communautés autochtones; des manifestations pour faire entendre leurs voix et faire reconnaître leurs droits.

Organisations autochtones

Assemblée des Premières nations du Québec et du Labrador 

Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2007-2008
La communauté de Lac Simon ne comptait que 282 logements pour 1402 personnes
(5 personnes en moyenne par logement)
Source : Ministère des affaires indiennes et du Nord

Dans certaines communautés, comme à Kipawa, il n’y a pas d’école. Les enfants doivent parfois parcourir 50 kilomètres ou plus pour être scolarisés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il n’y a pas que de mauvaises nouvelles

Après de longues années à vivre dans des conditions les plus précaires qui soient, sans eau courante ni électricité, les gens de la communauté de Kitcisakik devraient pouvoir désormais bénéficier de logements salubres et de groupes électrogènes fiables et sécuritaires afin d’alimenter leurs maisons en électricité. Le gouvernement fédéral travaillera conjointement avec le gouvernement provincial et le Conseil Anicinapek de manière à améliorer substantiellement la vie quotidienne de familles qui se battent depuis des dizaines d’années pour obtenir des conditions de vie et des logements décents

 

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