Les droits humains ou le degré zéro de l'humanisme
Le florissant cinéma québécois des dernières années amène avec lui son lot d’acteurs prometteurs. C’est le cas de Paul Ahmarani, qui s’est d’abord fait connaître dans La Moitié gauche du frigo, en 2002, où il incarnait un jeune ingénieur au chômage tentant de se tailler une place sur le marché du travail, sous l’oeil de la caméra de son colocataire. Depuis, les rôles se sont succédés, de la série Bunker, le cirque à des films comme Comment ma mère a accouché de moi durant sa ménopause, Le Marais ou plus récemment La vie avec mon père. L’acteur lançait également son premier album cet automne, Portrait vivant, avec son groupe Paul Ahmarani et les nouveaux mariés.
Parallèlement à sa carrière bien remplie, Paul a aussi une vie citoyenne active, et la défense des droits humains est une cause lui tenant particulièrement à coeur.
«C’est le degré zéro de l’humanisme, pour quiconque se sent concerné par le sort de son prochain, explique-t-il avec passion. Pour avancer en tant que communauté humaine, pour que la situation soit viable, ne fais pas à ton prochain ce que tu ne veux pas qu’on te fasse. C’est un vieux concept judéo-chrétien.»
Paul a toujours été sensible à la cause de la défense des droits humains. Mais qu’est-ce qui lui a fait faire le grand saut officiel dans la famille amnistienne? C’est lorsqu’il s’est fait accoster dans la rue dans le cadre de la campagne Dialogue direct, qui visait à recruter des donateurs mensuels! Ce qui le touche dans la violation des droits humains? «Tout! Tout me révolte!», répond-il avec fougue.
Il existe selon lui un problème de diffusion de ce genre d’informations dans les sociétés occidentales. La mondialisation néolibérale aggrave la situation, et met de l’avant la responsabilité de tous les gouvernements, dans les deux hémisphères.
«Si les occidentaux connaissaient réellement les conséquences de certains gestes de leur gouvernement, ils seraient moins passifs. Si les occidentaux comprenaient vraiment ce qu’est la torture, ils ne l’accepteraient pas.»
Cette même mondialisation amène Paul à se préoccuper également de la santé de notre planète. Et si l’on parle abondamment de l’eau, de la couche d’ozone et du réchauffement de la planète, on néglige souvent la question de la terre, des sols arables. «Il faut mettre un holà à la façon dont on fait le commerce international, et le réguler davantage. C’est méga-urgent !»
Quand on lui demande si un artiste doit profiter de sa notoriété pour mettre certaines nobles causes de l’avant, Paul répond que l’artiste n’est pas obligé d’être engagé. Cependant, pour un artiste déjà préoccupé par ces questions, ce métier est une plate-forme privilégiée. «En ne parlant pas de ces causes, on contribue à l’apathie générale.»
Le comédien choisit ses projets en fonctions des choses qui le touchent. La révolte contre l’injustice qui anime Paul, il essaie de la mettre au service de son métier.
«L’artiste travaille avec les sentiments, avec les valeurs universelles. L’art transporte en lui-même le germe de la solidarité.»
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