Entre avril et juillet 2009, des policiers de Papouasie-Nouvelle-Guinée ont illégalement expulsé de force des villageois de chez eux à proximité d’une des plus grandes mines du pays, la mine d’or de Porgera.
Les habitants ont dû fuir tandis que la police incendiait leurs maisons. Dans certains cas, les policiers ont agressé et menacé les gens avec leurs armes à feu. Une employée de la mine, qui hésitait à sortir de chez elle, a rapporté qu’un policier l’avait frappée à l’épaule avec la crosse de son fusil et menacée de son arme, alors qu’elle tenait son bébé dans ses bras. Un autre villageois a raconté que, quand il avait refusé de sortir, les policiers avaient essayé de l’enfermer dans sa maison avant d’y mettre le feu.
Les victimes de ces expulsions forcées ont dû trouver refuge ailleurs. Une femme a déclaré à Amnistie internationale : « J’ai un peu honte car mes proches doivent subvenir aux besoins de ma famille. » Plusieurs anciens habitants du village de Wuangima expliquent que, depuis leur expulsion forcée, ils ne peuvent plus compter sur leur jardin pour se nourrir. Les femmes en particulier témoignent des difficultés qu’elles rencontrent depuis l’opération de la police car ce sont généralement elles qui sont chargées de nourrir leur famille.
De nombreux habitants ont dit à Amnistie internationale qu’ils voulaient être indemnisés et recevoir une explication des autorités sur les raisons pour lesquelles la police a détruit leurs maisons. Comme l’a déclaré un homme : « Je n’ai pas volé d’or et je n’ai rien fait de mal. Pourquoi ont-ils brûlé ma maison ? »
La mine d’or de Porgera est exploitée et détenue à 95 % par des filiales de la compagnie minière canadienne Barrick Gold Corporation (ci-après appelée Barrick) dans le cadre de la société Porgera Joint Venture (PJV). Au moment des expulsions forcées, PJV hébergeait les policiers déployés dans la région de Porgera et leur fournissait de la nourriture et du carburant en vertu d’un accord précisant que l’entreprise soutiendrait la police à condition que celle-ci respecte le droit national et les normes internationales, notamment les Principes volontaires sur la sécurité et les droits de l'homme. Cependant, malgré les expulsions forcées et les autres violations des droits humains qui ont été signalées, PJV continue d’héberger, de nourrir et de ravitailler en carburant les policiers.
Amnistie internationale demande :
- au gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée d’enquêter immédiatement sur les activités de la police, de poursuivre les responsables en justice et d’offrir des recours utiles aux personnes dont les droits ont été bafoués ;
- aux entreprises de cesser de soutenir le déploiement policier et de demander l’ouverture d’une enquête sur les activités de la police ;
- au gouvernement canadien de promouvoir activement le respect des droits humains par les sociétés canadiennes dans leurs activités au Canada et à l’étranger.
Pour plus d’informations, voir le rapport d'Amnistie internationale intitulé Undermining Rights: Forced evictions and police brutality around the Porgera gold mine, Papua New Guinea (janvier 2010) à l’adresse [lien], ainsi que le site de Barrick : www.barrick.com (en anglais uniquement).
Téléchargez les lettres-modèles.
Destinée à Barrick Gold et Porgera Joint Venture Destinée au gouvernement de Papouasie-Nouvelle Guinée Destinée au gouvernement du Canada
------------------------------ LETTRE-MODÈLE
Lettre à Barrick Gold et Porgera Joint Venture Aaron Regent Président Directeur général Barrick Gold Corporation BCE Place, Canada Trust Tower Suite 3700, 161 Bay Street PO Box 212 Toronto, Canada, M5J 2S1 Courriel :
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Télécopieur : (1 416) 861 2492
Mark Fisher Directeur général Porgera Joint Venture PO Box 484 Mt Hagen, WHP, Papouasie-Nouvelle-Guinée Courriel :
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Télécopieur : (675) 547 8861 Messieurs,
Entre avril et juillet 2009, des policiers de Papouasie-Nouvelle-Guinée ont expulsé de force des habitants de chez eux dans la zone de la concession minière spéciale de Porgera, juste à côté de la mine. Des maisons ont été incendiées et, dans certains cas, les policiers ont agressé les habitants et les ont menacés avec leurs armes à feu. Ces actes sont contraires au droit et aux normes internationaux relatifs aux droits humains.
Au moment de cette opération policière, Porgera Joint Venture (PJV) hébergeait les policiers déployés dans la région de Porgera et leur fournissait de la nourriture et du carburant en vertu d’un accord qui, selon PJV, précisait que l’entreprise soutiendrait la police à condition que celle-ci respecte le droit national et les normes internationales, notamment les Principes volontaires sur la sécurité et les droits de l'homme. Cependant, malgré les expulsions forcées et les autres violations des droits humains qui ont été signalées, PJV continue d’héberger et de ravitailler les policiers.
J’exhorte donc PJV et Barrick à :
- mettre un terme à l’hébergement et à toute autre forme de soutien apporté par PJV aux opérations policières au vu des éléments tendant à prouver que la police a commis des atteintes aux droits humains ;
- appliquer les Principes volontaires sur la sécurité et les droits de l'homme :
- en transmettant aux autorités de Papouasie-Nouvelle-Guinée toutes les informations dont elles disposent sur les expulsions forcées et tout autre usage de la force par la police,
- en demandant qu’une enquête exhaustive soit menée sur les expulsions forcées et les violences policières commises dans zone de la concession minière spéciale, que les responsables soient poursuivis et que les victimes reçoivent réparation,
- en suivant activement l’avancée de l’enquête et en faisant pression pour qu’elle aboutisse en bonne et due forme.
Veuillez agréer, Messieurs, l’expression de ma plus haute considération.
Lettre au gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée
Right Honourable Grand Chief Sir Michael Somare Prime Minister Morata Haus Melaniesian Way, Waigani P.O. Box 639, Waigani National Capital District Papouasie-Nouvelle-Guinée Courriel :
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Monsieur le Premier Ministre,
Je vous écris pour vous exprimer ma préoccupation à propos des violences policières et des expulsions forcées dont ont été victimes des habitants de la concession minière spéciale de Porgera. En effet, entre avril et juillet 2009, des policiers déployés à Porgera ont expulsé de force des familles et incendié leurs maisons. Dans certains cas, ils ont recouru de manière abusive à la force et ont menacé les gens avec leurs armes à feu. Tous ces actes sont contraires au droit et aux normes internationaux relatifs aux droits humains, y compris aux traités internationaux auxquels la Papouasie-Nouvelle-Guinée est partie.
Je vous exhorte à mener immédiatement une enquête exhaustive sur les expulsions forcées et les violences policières commises dans la zone de la concession minière spéciale de Porgera, à poursuivre les responsables et à offrir des recours utiles aux victimes d’expulsions forcées et d’autres violations des droits humains.
Veuillez agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de ma plus haute considération.
Copie : Mr Chronox Manek Chief Ombudsman Ombudsman Commission of Papua New Guinea PO Box 1831 National Capital District Papouasie-Nouvelle-Guinée
Courriel :
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Lettre au gouvernement canadien
Monsieur le Premier ministre Stephen Harper Bureau du Premier ministre 80 Wellington Street Ottawa K1A 0A2 Canada
Télécopieur : 1 613 9416900 Courriel :
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Monsieur le Premier ministre,
Entre avril et juillet 2009, des policiers de Papouasie-Nouvelle-Guinée ont expulsé de force de chez eux des habitants de la zone de la concession minière spéciale de Porgera. La mine d’or de Porgera est exploitée et détenue à 95 % par des filiales de la compagnie minière canadienne Barrick Gold Corporation (ci-après appelée Barrick) dans le cadre de la société Porgera Joint Venture (PJV). Au moment de cette opération policière, PJV hébergeait les policiers déployés dans la région de Porgera et leur fournissait de la nourriture et du carburant en vertu d’un accord précisant que l’entreprise soutiendrait la police à condition que celle-ci respecte le droit national et les normes internationales, notamment les Principes volontaires sur la sécurité et les droits de l'homme. Cependant, malgré les violations des droits humains qui ont été signalées, PJV continue de soutenir le déploiement policier à Porgera.
Depuis mars 2009, le gouvernement canadien s’est engagé, dans le cadre de sa stratégie pour les industries extractives canadiennes exploitant des gisements à l’étranger, à promouvoir l’application des Principes volontaires sur la sécurité et les droits de l'homme.
J’exhorte donc le gouvernement canadien à :
- recommander fortement à Barrick et à ses filiales d’appliquer tous les aspects des Principes volontaires sur la sécurité et les droits de l'homme et, si nécessaire, aider cette société à agir en ce sens ;
- veiller à ce que tous les services du gouvernement canadien qui apportent une aide financière ou autre aux entreprises – dont Barrick – posent comme condition le respect de l’ensemble des droits humains par les entreprises dans leurs activités partout dans le monde ;
- soutenir le projet de loi C-300, Loi sur la responsabilisation des sociétés à l'égard de leurs activités minières, pétrolières ou gazières dans les pays en développement.
Veuillez agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de ma plus haute considération.
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