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Nous sommes allés voir les responsables du quartier [en juin 2009] et on nous a répondu : « Lorsque la montagne s’effondrera sur vous, on viendra récupérer vos corps. »
Voilà ce que déclarait en août 2009 à Amnistie internationale Mohamed Abdel Aal, un travailleur de Moraba Hafez, une zone située dans l’est du quartier informel (bidonville) de Manshiyet Nasser, au Caire, qui compte un million d’habitants, parmi les plus pauvres de la capitale.
Les propos tenus par les responsables du quartier étaient particulièrement cruels car un tragique éboulement avait eu lieu à Duwayqa moins d’un an auparavant. En septembre 2008, des rochers s’étaient détachés des collines du Moqattam, tuant au moins 107 personnes. Selon des survivants, le bilan est beaucoup plus lourd car beaucoup de corps étaient sous les décombres et n’ont jamais été retrouvés.
Depuis neuf ans, Mohamed Abdel Aal vit à Moraba Hafez avec sa mère et ses quatre frères et soeurs dans un logement en briques de trois pièces recouvert d’une toiture en bois. De petites pierres tombent sur leur toit et celui des voisins depuis des mois. Sa mère dit qu’ils déménageraient s’ils avaient de l’argent.
Située dans le quartier d’Al Madariss, la dizaine de bâtiments de Moraba Hafez est implantée au pied d’un escarpement de la colline. Les eaux usées des habitations situées au bord de cet escarpement s’infiltrent dans la roche, qui les absorbe et devient instable.
Peu après l’éboulement de Duwayqa, un comité mandaté par les autorités locales a inspecté Moraba Hafez et a expliqué aux habitants que la zone était dangereuse et qu’ils allaient être relogés. En août 2009, personne n’avait encore été évacué ni consulté au sujet du relogement. Les habitants sont terrifiés à l’idée de subir le même sort que les personnes mortes sous les décombres lors de la catastrophe de Duwayqa.
Clairement, les autorités n’ont pas tenu compte des signaux d’alarme ni protégé la vie des personnes vivant dans la pauvreté à Manshiyet Nasser.
Pour en savoir davantage, téléchargez la brochure d’AI intitulée : Enterrés vivants – Délaissés et piégés par la pauvreté dans les bidonvilles du Caire Envoyez vos appels à :
Dr Abdel-Azim Morsi Wazir Governor of Cairo - Cairo Governorate 7 Abdin Square, Al Gomhoriya Street Le Caire, Égypte Courriel :
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Ambassade :
M. Mahmoud Farghal, ambassadeur Ambassade d’Égypte
Télécopieur: 613-234.9347
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--------------------------- LETTRE-MODÈLE Dr Abdel-Azim Morsi Wazir Governor of Cairo - Cairo Governorate 7 Abdin Square, Al Gomhoriya Street Le Caire, Égypte
Monsieur le Ministre,
Un an après l’éboulement de Duwayqa, au Caire, il apparaît que les autorités n’ont pas tenu compte des signaux d’alarme ni protégé la vie des personnes vivant dans la pauvreté à Manshiyet Nasser. En effet, ces personnes qui souffrent d'une extrême pauvreté vivent toujours dans des zones à risque où leurs droits à la santé et à la vie sont menacés.
Il est urgent que les autorités égyptiennes prennent sans délai des mesures pour éviter que d’autres personnes ne soient tuées dans les zones dangereuses du Caire.
Je vous demande notamment de veiller à ce que tous les survivants de l’éboulement de Duwayqa et toutes les personnes qui, à la suite de cette catastrophe, ont été expulsées de chez elles se voient proposer, sans discrimination et dans un délai raisonnable, une solution de relogement convenable et jouissent de la sécurité d'occupation.
Je vous invite également à élaborer un projet détaillé et conforme au droit international relatif aux droits humains qui réponde aux menaces pesant sur le droit à la vie et à la santé ainsi qu'aux mauvaises conditions de vie des habitants des zones dangereuses ; outre le relogement permanent, ce projet devrait notamment proposer des logements temporaires permettant des évacuations en cas de danger immédiat.
Je vous demande enfin de faire en sorte qu'il ne soit procédé à aucune éviction, y compris de terrains appartenant à l'État, à moins que les mesures de protection en matière de procédure exigées par le droit international relatif aux droits humains ne soient en place ou jusqu’à ce qu’elles le soient. La démolition d'un logement ne doit pas être une condition préalable à une réinstallation.
Veuillez agréer, Monsieur le Gouverneur, l'expression de ma haute considération.
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