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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
19 novembre 2009
Côte d’Ivoire. Il faut déjouer la tentative flagrante de spoliation des victimes du déversement de déchets toxiques
Il faut que le gouvernement de la Côte d’Ivoire bloque une tentative de spoliation qui pourrait priver des 45 millions de dollars d’indemnisation qui leur reviennent les victimes du scandale des déchets toxiques déversés par l’entreprise de courtage pétrolier Trafigura, a déclaré Amnistie internationale jeudi 19 novembre.
Une organisation portant le nom de Coordination nationale des victimes de déchets toxiques de Côte d’Ivoire (CNVDT-CI) a prétendu abusivement représenter les 30 000 demandeurs d’une action intentée devant la justice britannique et être habilitée à recevoir l’intégralité du montant de cette indemnisation.
Dans une lettre ouverte au ministre de la Justice Mamadou Koné, Amnistie internationale a déclaré qu’il n’existait aucun élément étayant les dires de la CNVDT-CI et elle a évoqué une « tentative flagrante de détournement de fonds ».
Vendredi 20 novembre, un tribunal va examiner l’appel interjeté par la CNVDT-CI contre une décision de justice du 7 novembre qui a empêché le transfert de l’indemnisation des demandeurs sur le compte de cette organisation.
Amnistie internationale a appelé le gouvernement à veiller à ce que les demandeurs nommés dans la liste annexée à l’ordonnance de règlement initiale du Royaume-Uni reçoivent leur indemnisation sans plus tarder.
« Il s’agit d’une tentative flagrante de spoliation des victimes du scandale de déversement de déchets toxiques, a déclaré Widney Brown, directrice générale chargée du droit international et de la stratégie politique à Amnistie internationale. Le gouvernement ivoirien doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour que l’argent n’aille pas à la CNVDT-CI mais aux victimes, qui ont déjà suffisamment souffert. »
Complément d’information
En août 2006, des déchets toxiques ont été acheminés jusqu’à Abidjan, en Côte d'Ivoire, à bord du Probo Koala, navire affrété par l’entreprise de courtage pétrolier Trafigura.
Ces déchets ont ensuite été rejetés en divers lieux de l’agglomération d’Abidjan, provoquant une tragédie en termes de droits humains. Plus de 100 000 personnes ont consulté des médecins en raison de différents problèmes de santé, et 15 personnes seraient mortes à la suite de ces faits.
Le 23 septembre 2009, la Haute Cour d’Angleterre et du Pays de Galles a approuvé un accord de règlement de 45 millions de dollars entre la société Trafigura et près de 30 000 victimes du déversement de déchets toxiques qui avaient intenté une action devant la justice britannique. Le montant de l’indemnisation a été mis sous séquestre le 22 octobre et les victimes n’ont toujours pas reçu l’argent qui leur est dû.
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