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COMMUNIQUÉ DE PRESSE

29 octobre 2009

Les gouvernements africains doivent faire pression sur le Zimbabwe en ce qui concerne les droits humains  

Amnistie internationale a averti ce mercredi 28 octobre 2009 que le Zimbabwe est sur le point de renouer avec les violences post-électorales qui ont secoué le pays en 2008, ce qui risque d’ébranler la stabilité qu’avait engendrée la formation d’un gouvernement d’union nationale en février.

L’organisation a demandé aux ministres des Affaires étrangères de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), qui se rendent au Zimbabwe le 29 octobre pour dresser le bilan de ce gouvernement, en place depuis huit mois, de ne pas passer sous silence la situation des droits humains qui se dégrade.

Au cours des dernières semaines, plusieurs responsables de la société civile ont été interpellés et des opposants politiques auraient subi des mesures de harcèlement et d’intimidation de la part des partisans de l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF) dans des zones rurales. Amnistie internationale a notamment reçu des informations faisant état de menaces de violences de plus en plus nombreuses dans les provinces du Mashonaland-Est et du Mashonaland-Centre contre des partisans notoires du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), dirigé par le Premier ministre Morgan Tsvangirai.

Le 25 octobre, Cephas Zinhumwe, directeur général de l’Association nationale des Organisations non gouvernementales (NANGO), et Dadirai Chikwengo, présidente du conseil d'administration de NANGO, ont été arrêtés par la police à Victoria Falls après avoir organisé un atelier destiné aux directeurs d’ONG.

« Des dizaines de défenseurs des droits humains et de militants du MDC sont en instance de jugement simplement pour avoir exercé leurs droits internationalement reconnus, notamment leurs droits à la liberté d’association, de réunion pacifique et d’expression. Certains ont été victimes de disparitions forcées en 2008 », a expliqué Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique d’Amnistie internationale.

Amnistie internationale a invité les ministres de la SADC à repenser le rôle du Comité conjoint de surveillance et d'application (JOMIC), mis sur pied dans le cadre de l'accord sur le partage du pouvoir qui a abouti à la formation du gouvernement d'union nationale, afin qu’il veille à l’application de cet accord, et particulièrement de ses volets relatifs aux droits humains.

« Inefficace, le JOMIC est victime de la polarisation politique. Il est très faible et totalement dépendant du bon vouloir de partis rivaux – ce qui mène tout droit à une catastrophe », a déploré Erwin van der Borght.

En outre, Amnistie internationale a incité la SADC et l’Union africaine (UA) à porter remède aux atteintes aux droits humains commises par des instances gouvernementales sous contrôle de la ZANU-PF.

« Certains éléments au sein du gouvernement d’union nationale continuent de persécuter leurs opposants politiques présumés en usant d’arrestations illégales et de poursuites malveillantes. Cela alimente les tensions au sein du gouvernement et nourrit la peur parmi la population, a poursuivi Erwin van der Borght.

« La SADC doit admettre cette récente dégradation de la situation des droits humains et tenter d’y remédier immédiatement, avant qu’elle ne dégénère davantage. »

Selon Amnistie internationale, afin de parer à la crise au Zimbabwe, il faut commencer par contrôler les organes chargés de la sécurité dans le pays et mettre fin à la culture de l’impunité pour les atteintes aux droits humains. L’organisation a instamment prié le gouvernement zimbabwéen de mettre en œuvre des réformes institutionnelles, et notamment de réformer les services de sécurité du pays afin qu’ils respectent et protègent les droits fondamentaux de tous au Zimbabwe.

 

 
 
 
 

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