17-03-2010
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IRAN La prisonnière d’opinion Roxana Saberi a été libérée le 11 mai 2009 Version imprimable Suggérer par mail

La prisonnière d’opinion Roxana Saberi a été libérée le 11 mai 2009. La 14e chambre de la cour d’appel de Téhéran a examiné le 10 mai un recours formé contre sa condamnation et a commué sa peine de huit années d’emprisonnement en deux ans avec sursis. Elle a également été condamnée à une interdiction d’exercer le métier de journaliste en Iran pendant cinq ans.

Roxana Saberi a été arrêtée le 31 janvier 2009. Elle a d’abord été accusée d’avoir acheté de l’alcool (ce qui est illégal en Iran), puis d’avoir continué ses activités de journaliste après que sa carte de presse eut été annulée.

Elle a finalement été déclarée coupable d’« espionnage », sans plus de précision, à l’issue d’un procès qui s’est déroulé à huis clos. Elle a été inculpée au titre de l’article 508 du Code pénal, qui érige en infraction la « collaboration avec un État ennemi », chef d’accusation pour lequel le tribunal révolutionnaire de Téhéran l’a condamnée à huit ans d’emprisonnement le 18 avril 2009. Selon son père, elle a été amenée par la ruse à « avouer » certaines activités alors qu’elle était interrogée en détention avant son procès, car on lui a déclaré qu’elle serait libérée si elle coopérait. Roxana Saberi est revenue sur ses « aveux » au cours du procès.

Le 19 avril, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a demandé au procureur général de Téhéran de veiller à ce que Roxana Saberi bénéficie de toute la protection juridique prévue par la loi pour sa défense. Le 20 avril, le responsable du pouvoir judiciaire a ordonné que les mesures nécessaires soient prises pour qu’elle puisse bénéficier rapidement d’une procédure en appel qui soit équitable.

Le 10 mai, la 14e chambre de la cour d’appel de Téhéran a infirmé sa condamnation et commué sa peine de huit années d’emprisonnement en deux ans avec sursis pour « collecte d’informations classées secrètes » assortis d’une interdiction d’exercer le métier de journaliste en Iran pendant cinq ans. L’un de ses avocats, Saleh Nikbakht, a indiqué à l’Agence France Presse (AFP) que la cour d’appel avait annulé sa condamnation au motif que les États-Unis et l’Iran ne pouvaient pas être définis comme ennemis.

Roxana Saberi, qui est née aux États-Unis d’un père d’origine iranienne et d’une mère d’origine japonaise, a été reporter pour la BBC, Fox News et la National Public Radio (NPR) – radio publique américaine qui diffuse des programmes d’actualité et des émissions culturelles. Elle vit depuis six ans en Iran, où elle travaille comme journaliste tout en effectuant un master d’études iraniennes et de relations internationales.

Selon l’AFP, après sa libération, Roxana Saberi a déclaré : « Je suis très heureuse et reconnaissante envers toutes les personnes qui m’ont aidée. Je veux être avec ma famille […], avec ma mère et mon père. » Elle devrait retourner aux États-Unis très prochainement.

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