Canada. Amnistie
internationale demande aux partis politiques fédéraux de renforcer l'engagement
du Canada en faveur des droits humains
Montréal -mercredi 24 septembre 2008 - À l'occasion de la parution du rapport annuel
« Renforcer
notre engagement. Programme relatif aux droits humains à l'intention du Canada » dont
la publication a été devancée pour tenir compte des prochaines élections
fédérales, Amnistie internationale estime que les chefs de partis politiques
canadiens doivent accroître leur engagement pour les droits humains. Plusieurs dossiers
préoccupants, tant sur la scène internationale qu'au pays même, méritent
considération.
« Ces derniers temps, le leadership durement
acquis par le Canada au fil des ans en ce qui a trait aux droits humains s'est
érodé. Les autres pays en viennent à douter du degré d'engagement du Canada
dans le système mondial de protection des droits humains. » déplore Béatrice Vaugrante, directrice générale d'Amnistie
internationale Canada francophone. Au mieux, les efforts du Canada ont été
inconsistants. Au pire, le Canada a pris des positions qui minaient l'objectif
de protection universelle des droits de la personne. Le Canada
doit ressortir de ces élections avec un engagement renouvelé en faveur des
droits humains. »
L'occasion de raffermir l'engagement du Canada
à l'égard des droits humains tombe particulièrement à point puisque les
élections se tiennent deux mois avant le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de
l'homme, adoptée par les Nations unies le 10 décembre 1948.
Le rapport s'attarde sur dix sujets de
préoccupations :
Les droits humains et la sécurité nationale
Les droits humains et la politique étrangère
Le Canada sur la scène mondiale
Les droits des peuples autochtones
Les droits humains des femmes
La protection des réfugiés
La peine de mort
L'utilisation des tasers
Le commerce et les droits humains
La lutte à la pauvreté.
Droits humains et la
sécurité nationale
Les lois du Canada sur la sécurité nationale
et leur application sont souvent loin de respecter les normes internationales.
Entre autre, le Canada n'a jamais pris clairement position contre le centre de
détention de Guantanamo. Le Canadien Omar Khadr, détenu par les forces des
Etats-Unis alors qu'il avait seulement 15 ans, est présentement le seul
occidental toujours détenu à Guantanamo. « Il est plus que temps pour le
gouvernement de briser le silence, de prendre la parole et de demander le
rapatriement d'Omar Khadr. » affirme Alex Neve, secrétaire général
d'Amnistie internationale Canada, section anglophone.
Droits humains et politique
étrangère
Un certain nombre de Canadiens sont
emprisonnés à l'étranger, où ils sont à risque de graves violations de leurs
droits fondamentaux, que ce soit Husein Celil, en Chine, Bashir Makhtal en
Éthiopie, Mohammed el-Attar en Égypte, Mohammed et Sultan Kohail en Arabie
saoudite, Ronald Smith dans les couloirs de la mort aux Etats-Unis, et Omar
Khadr à Guantanamo Bay. Certains d'entre eux ont reçu un appui considérable des
autorités canadiennes, alors que d'autres ont été virtuellement abandonnés. Le
gouvernement doit développer un système qui garantit un soutien adéquat à tous
les Canadiens détenus à l'étranger.
Le Canada sur la scène
mondiale
Les positions prises récemment par le Canada
aux Nations unies, concernant un certain nombre de sujets relatifs aux droits
humains, illustraient un flagrant manque de leadership, quand elles n'ont pas
carrément nuit. Pour un large éventail de sujets, les préoccupations
grandissent, que ce soit les droits des peuples autochtones, la peine de mort,
les droits économiques sociaux et culturels, la justice internationale et les
violations des droits en Israël et dans les Territoires sous autorité
palestinienne.
Aux Nations-unies, le Canada s'est activement
opposé à l'adoption de la Déclaration sur
les droits des peuples autochtones. Celle-ci a été discutée et débattue au
sein des Nations unies durant 20 ans, et finalement adoptée par une large
majorité en septembre 2007. Le Canada a été l'un des quatre pays à voter contre
son adoption. Pire, les représentants du Canada ont prétendu que parce que le
Canada avait voté contre celle-ci, elle ne s'appliquait pas ici. « En tant
que membre des Nations unies, le Canada se doit de respecter scrupuleusement le
vote et de soutenir la Déclaration sur les droits des peuples
autochtones » juge Béatrice Vaugrante.
La protection des réfugiés
Les réfugiés qui demandent la protection du
Canada présentent leur dossier à une audience devant la Commission de
l'immigration et du statut de réfugié (CISR). L'audience est souvent un
processus complexe, impliquant des traducteurs, et son issue implique parfois
des questions de vie ou de mort. Il n'existe pas présentement de mécanisme d'appel
indépendant des décisions prises par la CISR. Pourtant, la
Loi sur l'immigration et la protection des réfugiés établissait une Division
d'appel pour les réfugiés dès 2001. « Sept années durant lesquelles la loi
a été ignorée, c'est trop long, s'indigne Alex Neve. Il est temps pour le
gouvernement fédéral de mettre enfin sur pied cette division d'appel. »
La Peine de mort
Le Canada a aboli la peine de mort en 1976 et
a démontré un leadership fort depuis. Pourtant, en octobre 2007, le Canada a
annoncé qu'il ne demanderait plus la clémence pour les Canadiens condamnés à
mort dans des pays démocratiques. En novembre 2007, le Canada a refusé de
co-parrainer une résolution des Nations-unies sur l'abolition de la peine de
mort, alors que le Canada avait régulièrement soutenu de telles résolutions par
le passé.
L'utilisation du taser
L'utilisation des taser par les forces
correctionnelles et de police s'est développée rapidement au Canada depuis les
huit dernières années. Durant cette période, au moins 22 personnes sont mortes
après avoir été atteintes par un taser. Pour Béatrice
Vaugrante « Combien d'autres morts faut-il ? Il est
urgent qu'un moratoire soit observé, que des études indépendantes et
exhaustives soient menées, et que l'usage du taser soit mieux encadré. »
Lutte contre la pauvreté
Les violations aux droits à un niveau de vie
suffisant, au logement, aux soins de santé, à l'alimentation et à l'éducation
sont souvent nourries par la discrimination et sont source de la pauvreté et de
l'exclusion. Autochtones, femmes, enfants, personnes handicapées, immigrants et
minorités visibles sont les plus vulnérables. Le gouvernement fédéral doit
travailler avec les provinces et les organisations représentant les peuples
autochtones pour développer une stratégie exhaustive pour combattre la pauvreté
au Canada.
Pour consulter le rapport ou les questions à
poser aux candidats :
www.amnistie.ca
Pour
information :
Anne Sainte-Marie
Responsable des communications
Amnistie internationale Canada francophone
514 766-9766 poste 230
Cell : (514) 268-4983
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