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Le citoyen canadien et soudanais, Abousfian Abdelrazik, revient d’un exile forcé de 6 ans au Soudan. En effet, il a quitté Montréal pour Khartoum, au Soudan, en 2003 pour y visiter sa mère. Soupçonné d’entretenir des liens avec un mouvement terroriste, il est détenu et torturé au cours de cette même année au Soudan. Il a été mis à l’attention du public que la détention d’Abousfian Abdelrazik à l’étranger avait été recommandée par le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS). Après avoir été finalement blanchi des accusations par les autorités soudanaises et relâché, les États-Unis le désigne tout de même comme « terroriste » et les Nations unies l’ajoute à la liste des personnes interdites de vol.
Bien que la GRC et le SCRS l’avait également blanchi de toute accusation en 2007 et que le Canada était en faveur de son retrait de la liste des Nations unies, un paradoxe existait toujours. Dans les faits, le gouvernement ne fournissait pas les efforts nécessaires afin de le rapatrier et revenait toujours sur ses promesses en obligeant, par exemple, Abousfian à s’arranger lui-même pour que son nom soit retiré de la liste des personnes interdites de vol, et ce, malgré l’existence d’une exemption spécifique à cette liste permettant à tout citoyen de rentrer dans son propre pays.
Pour respecter son droit de rentrer au pays, il a fallu au gouvernement canadien attendre une décision explicite de la Cour fédérale, le 4 juin 2009, ordonnant son rapatriement au Canada et accusant le gouvernement canadien de complicité dans les mauvais traitements qu’il a subi. Abousfian est de retour au Canada depuis le 27 juin 2009.
Tout au long de ses six années d’exile, le cas d’Abousfian soulève d’importantes questions au niveau du rôle qu’ont joué le SCRS et les autorités canadiennes dans la détention et la torture de canadiens à l’étranger. Les gouvernements n’ont pas seulement le droit, mais ils ont également la responsabilité de protéger leurs citoyens, et ce, spécialement pendant cette « guerre contre le terrorisme » qui s’attaque souvent aux droits et libertés de manière injuste et disproportionnée. Les autorités se doivent de se conformer au droit humanitaire international et respecter les protections contre la torture, contre les arrestations et les détentions arbitraires. Autant Mr Abdelrazik que la population canadienne méritent des comptes et des réponses sur ce qu’il a subi et sur l’identité des responsables afin qu’un tel scénario ne se reproduise plus. Abousfian Abdelrazik se lance justement dans une tournée pour briser le silence et en finir avec la peur dès septembre 2009. Le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS) a également accepté de mener une enquête approfondie sur les gestes du SCRS dans ce dossier qui s’entamera à la fin de l’automne 2009, début de l’hiver 2010. Les audiences ne seront pas publiques, mais au moins cet organisme, qui a accès aux documents les plus secrets du SCRS, pourra analyser la responsabilité des autorités canadiennes et leur degré de complicité dans les mauvais traitements qu’Abousfian Abdelrazik a subi, en plus de formuler des recommandations pertinentes. Amnistie internationale continue son implication dans ce dossier afin de demander son retrait de la liste des personnes interdites de vol des Nations Unies, une compensation et des excuses officielles du gouvernement canadien qui ne constituent, étant donné les circonstances, qu’un juste dû.
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