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Les avocats d'Omar Khadr, seul
mineur détenu à la base américaine de Guantanamo, ont remporté une manche,
vendredi, lorsque le plus haut tribunal du pays a déterminé qu'ils ont droit de
prendre connaissance d'interrogatoires menés par les services secrets canadiens
avec leur client et transmis aux autorités
américaines.
Dans un jugement unanime,
la Cour suprême
du Canada s'est en effet rendue vendredi aux arguments des procureurs du jeune
homme qui disaient avoir besoin de ces documents pour assurer sa défense devant
une commission militaire américaine qui doit avoir lieu cet
été.
En remettant les documents
découlant des interrogatoires aux autorités américaines, le Canada a contrevenu
à ses obligations internationales en matière de droits de la personne, fait
valoir le tribunal dans sa décision d'une vingtaine de
pages.
La
Cour ordonne donc que les
interrogatoires et tous les documents en découlant soient remis à un juge
désigné de la
Cour fédérale qui prendra en considération les questions de
sécurité nationale et d'intérêt public avant de déterminer quelles informations
seront transmises aux avocats de Khadr.
Omar Khadr est accusé d'avoir tué
un militaire américain au cours d'une fusillade en Afghanistan en 2001. Il avait
alors 15 ans. Il est considéré par les États-Unis comme un ennemi
combattant.
Le fédéral refusait de se plier à
la requête des avocats de Khadr pour des raisons de «sécurité
nationale».
Il s'agit d'une importante
victoire pour les associations de lutte pour les droits de la personne, qui
accusaient Ottawa d'être complice du malheur d'Omar Khadr, seul citoyen d'un
pays occidental toujours à Guantanamo.
Pour l'organisme Human Rights
Watch, le gouvernement avait des obligations envers le jeune homme non seulement
parce qu'il est citoyen canadien, mais aussi parce qu'il était mineur au moment
des faits qui lui sont reprochés.
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