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Rapport 2008 : Soixante ans d'échecs en matière de droits humains. Les états doivent cesser de nier les défaillances et répondre aux exigences de leurs citoyens

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Rapport 2008

Soixante ans d'échecs en matière de droits humains.

Les états doivent cesser de nier les défaillances et répondre aux exigences de leurs citoyens


Montréal - 28 mai 2008. En rendant public son Rapport annuel, Amnistie internationale a interpelé fermement les dirigeants mondiaux, ce mercredi 28 mai 2008, pour qu'ils s'engagent de nouveau à mettre en œuvre des améliorations concrètes en matière de droits humains. 

« Le monde actuel reste marqué par l'injustice, l'inégalité et l'impunité, constate Béatrice Vaugrante, directrice générale d'Amnistie internationale, Canada francophone. Il est urgent que les États agissent pour combler le gouffre béant qui sépare la promesse de la réalisation. »

« L'Occident a perdu de son autorité morale et n'exerce plus l'influence politique indispensable pour faire avancer le respect des droits humains, poursuit Béatrice Vaugrante. Le Canada en est la malheureuse illustration, par exemple lorsqu'il a voté contre l'adoption de la Déclaration internationale sur les droits des peuples autochtones, qu'il a négligé ses responsabilités vis-à-vis de la torture en Afghanistan et qu'il a abandonné Omar Khadr. » 

Le Rapport 2008 d'Amnistie internationale montre qu'aujourd'hui, soixante ans après l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme par les Nations unies, il existe encore 81 pays au moins où des hommes et des femmes subissent des actes de torture ou d'autres mauvais traitements, 54 pays au moins où les procès ne sont pas conformes aux normes d'équité, et 77 pays au moins où il est impossible de s'exprimer librement.

« L'année 2007 a été caractérisée par l'impuissance des gouvernements occidentaux et les positions ambivalentes prises par les puissances émergentes, peu enclines à agir face à des crises particulièrement graves dans le domaine des droits humains, depuis les conflits de longue durée jusqu'à des inégalités croissantes qui aggravent la situation de millions de personnes. Le Darfour, le Zimbabwe, Gaza, l'Irak et le Myanmar sont autant de points névralgiques en matière de droits humains, sur lesquels des actions immédiates doivent être menées », a précisé Béatrice Vaugrante. 

Ce qui menace le plus l'avenir des droits humains, a souligné Amnistie internationale, c'est l'absence d'une vision commune et d'une direction collective.

Amnistie internationale a noté les progrès réalisés au long des six dernières décennies, en particulier la mise en place de lois et d'institutions relatives aux droits humains, le mouvement croissant de soutien à l'abolition de la peine de mort, les poursuites engagées par des tribunaux internationaux et des juridictions nationales dans certaines affaires de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

« Ces progrès, ce sont d'abord et avant tout aux défenseurs des droits humains que nous les devons ! souligne Béatrice Vaugrante. Nous nous réjouissons que de plus en plus, partout à travers le monde, les populations réclament la justice, la liberté et l'égalité. Les dirigeants du monde ont tout à perdre à ne pas vouloir entendre des voix de citoyens inquiets, en colère, déçus ».  Parmi les images frappantes de 2007, on retiendra les moines du Myanmar, les avocats du Pakistan, ou les militantes en Iran.

« 2008 représente une occasion sans précédent pour les dirigeants récemment venus au pouvoir et les pays apparus sur la scène mondiale de s'engager dans une direction nouvelle et de rejeter les politiques et pratiques à courte vue qui, ces dernières années, ont transformé le monde où, la division règne encore davantage », a affirmé Béatrice Vaugrante. 

Amnistie internationale a exhorté les gouvernements à instaurer un nouveau modèle de direction collective fondé sur les principes de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Les plus puissants doivent donner le bon exemple :

  • La Chine doit concrétiser les promesses en matière de droits humains qu'elle a faites préalablement aux Jeux olympiques. Elle doit respecter la liberté de parole et la liberté de la presse, et mettre fin à la « rééducation par le travail ».
  • Les États-Unis d'Amérique doivent fermer le centre de détention de Guantánamo et tous les lieux de détention secrets, poursuivre les détenus conformément aux normes d'équité des procès ou les libérer, et rejeter sans ambiguïté le recours à la torture et aux autres formes de mauvais traitements.
  • La Russie doit se montrer plus respectueuse à l'égard de la dissidence politique, et ne doit pas tolérer l'impunité des atteintes aux droits humains commises en Tchétchénie.

« Aujourd'hui, les États doivent témoigner de qualités de vision, de courage et d'engagement comparables à celles dont les Nations unies ont fait preuve il y a soixante ans en adoptant la Déclaration universelle des droits de l'homme. conclut Béatrice Vaugrante. En 2008, les dirigeants devront consolider leur crédibilité en matière de droits humains, non pas au moyen de discours sans substance, mais en prenant des mesures concrètes. »

Consulter le rapport en ligne

 


 

Vous pouvez agir avec Amnistie :

Rapatrier Omar Khadr

Fermer Guantanamo

Cesser les exécutions en Chine

 


 

Notes aux rédacteurs

1. Le Rapport 2008 d'Amnistie internationale, bilan des droits humains dans le monde dressé par l'organisation, comme tous les ans, en cette année du soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, examine la situation de 150 pays.

2. Le rapport met l'accent sur les tendances suivantes :

  • Impunité accordée aux groupes armés et aux forces gouvernementales qui ciblent les civils ;
  • Violences omniprésentes contre les femmes ;
  • Acceptation de la torture et des autres mauvais traitements comme méthodes de recueil de renseignements ;
  • Répression de la dissidence et attaques contre les journalistes et les militants ;
  • Absence de protection des réfugiés, des demandeurs d'asile et des migrants ;
  • Refus des droits économiques et sociaux ; et
  • Refus par les entreprises d'assumer leurs responsabilités concernant les atteintes aux droits humains.

3. La Déclaration universelle des droits de l'homme a été adoptée par les Nations unies le 10 décembre 1948.

 
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