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Sortir de
l'ignorance et passer à l'action dans des projets communs
Colloque d'Amnistie
internationale sur les droits des peuples autochtones des Amériques « Premiers
arrivés, derniers servis »
Montréal - Samedi 26 avril 2008- «Notre ignorance est le
premier obstacle qui entrave le respect des droits des autochtones ».
Le message était unanime. Les participants - autour de 300 personnes parce que
la salle ne pouvait en contenir plus - ont identifié rapidement la priorité des
suites à donner à ce colloque : s'attaquer à leur méconnaissance des
réalités autochtones.
« Les membres
de différentes nations autochtones, les militants d'Amnistie, et les autres participants
présents aujourd'hui ont aussi souligné que le moment était venu, qu'il y avait
un momentum, tant au sein de la société civile que des différentes communautés
autochtones, pour développer une complicité et mener des actions
communes » a reconnu Ghislain Picard, Chef de l'Association des Premières
Nations du Québec et du Labrador et porte-parole du colloque.
La Cour suprême
du Canada ayant reconnu sans équivoque les droits des autochtones, cette
question ne devrait plus se poser. Il est pourtantt toujours aussi difficile de
revendiquer leur respect. Les communautés autochtones doivent aussi amorcer
très sérieusement une réflexion sur la Loi sur les indiens et sur les Conseils
de bande. On doit pouvoir réfléchir ensemble aux nouvelles structures qui
devraient être mises en place afin de permettre le respect des droits de tous.
« Malgré les
reculs auxquels on assiste présentement, la question autochtone devrait
transcender la partisannerie politique » ajoute Ghislain Picard.
Tout au long de
la journée, les questions identitaires ont aussi été abordées, tant par les
différents conférenciers que lors des groupes de discussion. Du repli
identitaire à la quête plus aiguë au Québec que dans le reste du pays, du lien
entre territoire et identité, de l'ouverture à la modernité et du rôle de
l'éducation.
Des jeunes sont
venus témoigner qu'on pouvait être avocat ou médecin, vivre hors réserve, ou
n'y retourner que de temps en temps, et être autochtone. Lorsqu'il n'y a pas de
rejet, on peut s'intégrer tout en restant soi-même.
« Tous ont
beaucoup apprécié qu'il y ait des autochtones et des non-autochtones rassemblés
pour discuter, a souligné Béatrice Vaugrante, directrice générale d'Amnistie
internationale Canada francophone. Nos conférenciers du sud, Aymara de Bolivie
et Mapuche du Chili ont pu mesurer les ressemblances et les différences en ce
qui a trait aux batailles pour les droits des autochtones. »
Amnistie va
contribuer à mieux faire connaître la réalité des peuples autochtones et à
combattre les préjugés. « Nous le ferons entre autres, poursuit Béatrice
Vaugrante, ainsi que nous l'avons toujours fait, à travers la complicité des
artistes, comme aujourd'hui en accueillant les chanteurs et musiciens : le
groupe Odaya, Geneviève Mackenzie-Sioui, Sakay Ottawa.»
« La campagne Dignité,
notre prochaine grande campagne, portera sur le respect des droits économiques,
sociaux et culturels, conclut Béatrice Vaugrante. Il ne fait aucun doute que le
respect des droits des autochtones y aura une place importante. »
L'idée de trouver
des projets communs, plutôt que de se concentrer sur les différents, a semblé à
tous une piste d'action prometteuse et un sujet s'est rapidement imposé :
la question environnementale était un défi urgent qui a rallié tous les
participants.
La réunion se
poursuit au Cégep de Rosemont dimanche 27 avril 2008 par l'assemblée générale
annuelle d'Amnistie, sous le thème du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, et une conférence de l'avocat
bien connu, Julius Grey.
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