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Canada.
Loin d’être « prématuré »,
le rapatriement d’Omar Khadr aurait dû avoir lieu il y a longtemps.
Il faut absolument que le gouvernement canadien revienne sur
sa position selon laquelle il serait « prématuré »
de demander le rapatriement d'Omar Khadr, actuellement détenu à Guantánamo. Ce
jeune ressortissant canadien est détenu par l'armée américaine depuis l'âge de
quinze ans. Aujourd'hui, il en a vingt et un. Pendant toute cette période, les
droits de ce jeune homme ont été systématiquement bafoués, et les assurances
données par les États-Unis quant au respect de l'état de droit dans cette
affaire sont apparues de plus en plus vaines. Une intervention vigoureuse du
Canada, loin d'être prématurée, aurait dû avoir lieu il y a longtemps.
Dans un nouveau rapport intitulé In whose best interests?
Omar Khadr, child ‘enemy combatant' facing military commission, Amnistie
internationale examine les circonstances entourant l'arrestation d'Omar Khadr
en Afghanistan en juillet 2002 ; ses allégations de torture et d'autres
mauvais traitements sur la base américaine de Bagram puis à Guantánamo ;
son futur procès devant une commission militaire. L'organisation considère que ces
commissions, qui ne sont pas indépendantes des services gouvernementaux ayant
autorisé des violations des droits humains et qui sont habilitées à fermer les
yeux sur ces violations, ne respectent pas les normes d'équité des procès et devraient
être abandonnées.
Le 31 mars 2008, le ministre canadien des Affaires
étrangères a déclaré au Parlement que toute discussion sur le rapatriement
d'Omar Khadr était « prématurée »
tant que la « procédure
judicaire » n'était pas terminée. Le procès d'Omar Khadr, qui devait s'ouvrir
début mai, a été suspendu sans qu'une nouvelle date n'ait été fixée. Le Canada
devrait profiter de ce sursis pour s'opposer à ce que le jeune homme soit jugé
par une commission militaire et demander son rapatriement de toute urgence.
Depuis qu'Omar Khadr a été arrêté, les États-Unis n'ont pas
respecté le droit international, y compris les dispositions qui prévoient que
les mineurs en captivité doivent bénéficier d'une protection particulière. Si le traitement réservé par les États-Unis
aux « ennemis combattants »
a été contraire, en règle générale, aux obligations de ce pays en vertu du
droit international, le fait que des mineurs aient été eux aussi la cible de
cette politique de détention aggrave les atteintes à l'état de droit et aux
droits humains qui caractérisent la « guerre
contre le terrorisme ».
Cinq mois après avoir capturé Omar Khadr, le gouvernement
des États-Unis a ratifié le Protocole facultatif se rapportant à la Convention
relative aux droits de l'enfant, concernant l'implication d'enfants dans les
conflits armés. Ce protocole dispose notamment que les groupes armés ne
devraient en aucune circonstance enrôler ni utiliser dans les hostilités des
personnes âgées de moins de dix-huit ans et demande aux États d'accorder à
ces mineurs relevant de leur compétence « toute
l'assistance appropriée en vue de leur réadaptation physique et psychologique
et de leur réinsertion sociale ». Les informations que les États-Unis
ont diffusées sur le passé d'Omar Khadr et les circonstances de sa capture font
apparaître que le jeune homme est directement concerné par les dispositions du
Protocole facultatif et par les normes du droit international relatives à la
justice pour mineurs. Cependant, au lieu de considérer en priorité les
possibilités de réinsertion du jeune homme, les États-Unis ont soumis Omar
Khadr aux conditions extrêmement dures de Guantánamo, n'informant le Canada de
son transfert sur la base navale qu'une fois qu'il était sur place.
En tant qu'État partie à la Convention relative aux droits
de l'enfant et à son Protocole facultatif, le Canada devrait faire la preuve de
son engagement à respecter les principes fondamentaux qui sous-tendent ces
instruments internationaux, y compris le principe selon lequel les États
parties doivent veiller à ce que l'intérêt supérieur de l'enfant soit la
considération première. En ce qui concerne le traitement réservé à Omar Khadr
et aux autres « ennemis
combattants » mineurs, les États-Unis ne se sont intéressés qu'à leur
propre perception de la sûreté nationale. Le Canada se doit d'agir de tout
urgence là où les États-Unis ont failli à leurs obligations.
Pour plus d'informations, veuillez consulter le document
suivant :
USA: In whose best interests? Omar
Khadr, child ‘enemy combatant' facing military commission, http://www.amnesty.org/en/library/info/AMR51/028/2008/en.
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