Colloque d'Amnistie internationale. Premiers habitants, derniers servis - La réalité autochtone en Amérique
Montréal, lundi
7 avril 2008 - « Les Autochtones ne sont nulle part des
personnes privilégiées. Ce sont des peuples dont les droits sont niés : au
Canada, leur espérance de vie est de 6 ans inférieure, le soutien financier
dans les services sociaux aux enfants est de 22% inférieur, les femmes courent
cinq fois plus de risques de mourir des suites de violences... Et les atteintes
aux droits culturels sont celles pour lesquelles les cicatrices seront les plus
longues à guérir puisqu'elles touchent une identité déchirée » affirme
Ghislain Picard, Chef de
l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador et porte-parole du
colloque d'Amnistie internationale Canada francophone, le 26 avril prochain.
Béatrice Vaugrante, directrice générale d'Amnistie internationale
Canada francophone, précise : « Depuis de nombreuses années, Amnistie
se penche sur la question des droits des autochtones, cherche à combattre les
préjugés et à bâtir des partenariats. Nous considérons que deux de nos
principes fondamentaux, l'indivisibilité des droits et le respect des droits
sociaux, économiques et culturels ne sont malheureusement pas appliqués pour
les autochtones, ni au Canada, ni au Québec, ni ailleurs dans le monde. Nous
souhaitons miser sur les rapprochements. Cette démarche doit nécessairement
commencer par un portrait factuel de la situation des autochtones, passage
obligé pour dépasser les obstacles bien accommodants d'immobilisme et
d'ignorance que sont les préjugés. »
Ghislain Picard participera entre autres au
panel Les droits des autochtones : comment agir et changer les
choses ? En fait-on assez ? Quel est l'impact de la Déclaration sur les droits
des peuples autochtones ? en
compagnie de Jean-Paul Lacasse, professeur émérite en droit civil, Université d'Ottawa, Ivan Ignacio, leader
aymara du Conseil Andin des Premières
Nations, et Ellen Gabriel, Présidente
de Femmes autochtones du Québec.
Suite au panel
suivront des conférences : en avant-midi, Environnement et droits des autochtones,
Inuits et Mapuche, avec Paul
Crowley, avocat et défenseur de l'environnement et des droits de l'homme,
et Alihuen Antileo, représentant du
peuple Mapuche. Et en après-midi, Déployer les savoirs, défis et projets, avec
Marcelline Kanapé, ancienne directrice de l'École secondaire Uashkaikan de Pessamit
et figure de proue du
monde autochtone contemporain.
L'après-midi permettra aux participants de participer
à l'un des trois groupes de discussions: Les jeunes autochtones, animé par Mélanie Lumsden, secrétaire du Cercle
des Premières Nations de l'UQAM ; Les aînés, animé par Marcelline Kanapé et Nicole
O'Bomsawin de la nation Abénakis ;
Les femmes, animé par Eva Ottawa,
Présidente de la
nation Atikamekw.
« Les Premières Nations possèdent une histoire,
des droits, des langues et des cultures uniques et distinctes » rappelle
Ghislain Picard. « Le reconnaître et s'engager formellement à renouveler
les relations avec les Premières Nations interpelle tout le monde, poursuit Béatrice Vaugrante, autant les gouvernements que la
société civile, et en tout premiers lieux, les militants des droits
humains. »
Ce colloque s'adresse au grand public. Il aura lieu
le samedi 26 avril prochain de 9h00 à 17h00 au Collège de Rosemont à Montréal. La
fin de semaine des droits humains débute le vendredi 25 avril avec le visionnement
du film de Richard
Desjardins et Robert Monderie, Le peuple invisible, suivi d'une discussion avec Julie Rousseau, ancienne secrétaire de Femmes autochtones du Québec, et se poursuit avec l'assemblée
générale annuelle d'Amnistie
internationale Canada francophone, le dimanche 27 avril sous le thème : « Des
militants pour faire de la Déclaration
universelle des droits de l'homme une réalité ! » afin de
marquer les 60 ans de la Déclaration.
Pour s'inscrire : www.amnistie.ca/aga
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