|
Le gouvernement met fin dans le secret au transfert de prisonniers afghans |
|
|
Le gouvernement canadien met fin dans le secret au transfert de prisonniers afghans
Montréal, le 24 janvier 2008 - Le gouvernement du Canada a informé hier, 23 janvier 2008, l’Association des libertés civiles de Colombie Britannique (BCCLA) et Amnistie internationale de sa décision, effective depuis le 5 novembre dernier, d’ordonner aux Forces canadiennes de cesser tous les transferts de détenus aux autorités afghanes, à la suite d’allégation de torture. Le gouvernement avait tenu cette information secrète jusqu’ici.
« Cette décision du gouvernement équivaut à un aveu d’échec quant à l’efficacité de l’accord signé en mai avec les autorités afghanes et qui devait prévenir la torture, juge Béatrice Vaugrante, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone. Cet échec était prévisible et aurait pu être évité. Il est regrettable que le gouvernement ait choisi, une fois de plus, de rendre publique cette information parce qu’allaient se tenir les audiences de la demande d’injonction faites par Amnistie et la BCCLA. Les Canadiens ont le droit de connaître le comportement de leur gouvernement sur cet enjeu de droits humains et ne devraient pas être forcés de passer par la Cour. »
La demande d’injonction qui doit être entendue aujourd’hui, 24 janvier, demeure toujours aussi pertinente puisque le Gouvernement canadien n’a pas pris l’engagement de cesser définitivement le transfert de détenus, ni accepté de prévenir nos organisations si les transferts reprenaient. À la lumière des nouvelles informations, la juge de la Cour fédérale Anne Mactavish a convoqué le Brigadier général Joseph Paul André Deschamps afin qu’il puisse témoigner aujourd’hui même.
Demain la Cour étudiera si la Charte canadienne des droits et libertés s’applique aux opérations des Forces armées à l’étranger et leur impose de ne pas transférer de prisonniers de guerre si ceux-ci sont à risque d’être torturés.
|