Déclaration des droits des peuples autochtones : Il est grand temps que le Canada se rallie
Montréal - 7
septembre- La Déclaration sur les droits
des peuples autochtones de l’ONU est une occasion historique pour la
communauté internationale
d’aborder la question des abus généralisés et systématiques des droits humains
qui menacent la sécurité, le bien-être et l’intégrité culturelle des peuples
autochtones du monde entier.
« Or le Canada a
fait volte-face dans ce dossier et fait maintenant de l’obstruction
systématique à l’adoption de cette Déclaration, déplore Béatrice Vaugrante,
directrice générale d’Amnistie internationale. Voilà pourquoi nous avons joint
notre voix à celles de Femmes autochtones du Québec et de l’Assemblée des
premières nations du Québec et du Labrador pour inviter le public à protester
contre l’attitude du Canada. »
Aujourd’hui, nos
organisations manifestent à Montréal pour demander de nouveau au gouvernement canadien
de renoncer à sa campagne d’opposition à la Déclaration
de l’ONU. Ainsi, le concert des nations pourra enfin faire respecter les
droits des peuples les plus marginalisés et vulnérables, y compris ici.
Peuples autochtones et
gouvernements collaborent depuis plus de vingt ans à rédiger la Déclaration. Celle-ci s’impose non pas pour
accorder de nouveaux droits, mais pour combler le fossé dans les mécanismes de
protection prévus par d’autres instruments internationaux et aider les
gouvernements à mettre un terme au racisme et à la discrimination qui entachent
le système juridique et les politiques de bien des pays.
Le 29 juin 2006, un
projet de document ayant reçu l’appui de nombre de peuples autochtones et
d’États ayant pris une part active au long processus de négociation a été
adopté par le Conseil des droits de l’homme.
La Déclaration doit être de nouveau soumise
à l’Assemblée générale des Nations Unies dans les prochaines semaines afin
qu’une décision soit prise quant à son adoption définitive. « Adopté par
le Conseil des droits de l’homme alors que seuls deux pays – dont le Canada -
ont voté contre, le texte de la Déclaration a déjà été approuvé, en outre, par le
Haut-commissaire aux droits de l’homme, par l’Instance permanente des Nations
Unies sur les questions autochtones et par le rapporteur spécial sur la situation
des droits de l’homme et des libertés fondamentales des populations autochtones
de l’ONU », souligne Mme. Vaugrante. De plus, il faut noter que 67 États
ont demandé l’adoption du texte sans autre modification.
Le gouvernement canadien
exige quant à lui la renégociation de dispositions déjà approuvées voire
rédigées par des représentants canadiens. « Nous sommes indignés que ce
changement de position ait été effectué sans consultation en profondeur des
peuples autochtones, malgré l’exigence claire du droit canadien en ce
sens : lorsque les droits et intérêts des peuples autochtones sont en jeu,
ces derniers doivent être consultés, précise Ellen Gabriel, présidente de Femmes autochtones du Québec
(FAQ).
Une pétition mondiale
en faveur de l’adoption de la Déclaration
signée par des centaines d’organisations et plus de 22 000 personnes a été
remise la semaine dernière à New York à l’ambassadeur canadien à l’ONU.
Le Canada doit renoncer à sa campagne contre la Déclaration avant que d'autres atteintes ne soient portées à la
sécurité et au bien-être des peuples autochtones à travers le monde ainsi qu'à
la réputation du Canada comme défenseur des droits de la personne.
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