Harcèlement des défenseurs des droits humains
Mères de Tien’anmen
Les Mères de Tien’anmen, une association fondée par Ding Zilin, professeur d'université en retraite, regroupe quelque 130 défenseurs des droits humains, des femmes pour la plupart, dont les enfants ou d'autres proches ont été tués ou blessés lors de la répression du mouvement de 1989 en faveur de la démocratie. Les autorités ne présentent plus aujourd'hui les événements comme une « rébellion contre-révolutionnaire » préférant parler d'« incident politique », mais continuent de faire la sourde oreille aux appels réclamant justice pour les victimes et leurs familles.
Les Mères de Tian’anmen ont dressé une liste comportant le nom de plus de 180 personnes qui ont trouvé la mort et d'au moins 70 autres qui ont été blessées.
Elles adressent régulièrement des appels et des pétitions aux autorités chinoises pour que les familles des victimes soient autorisées à organiser des cérémonies publiques de commémoration et à recevoir de l'aide humanitaire fournie par des organisations ou des personnes. Elles demandent également la fin du harcèlement des victimes et de leurs proches, la libération de toutes les personnes qui sont encore incarcérées pour avoir participé à des manifestations pacifiques, ainsi que l'ouverture d'une enquête publique et approfondie sur les événements du 3 et du 4 juin 1989. Les Mères de Tian’anmen sont victimes de harcèlement, de discrimination et de détention arbitraire en raison de leurs activités.
Chaque année, au moment de l'anniversaire de la répression de 1989, de nombreux militants et défenseurs des droits humains, dont les Mères de Tian’anmen, sont placés sous stricte surveillance policière, et notamment assignés à résidence.
Certains signes laissent toutefois à penser que les contrôles ont été assouplis. En juin 2007, Ding Zilin, ainsi que son mari et deux autres proches de victimes auraient été autorisés à allumer des bougies devant les photographies de leurs enfants lors d'une courte cérémonie de commémoration sur l'avenue Chang'an, à l'ouest de la place Tian’anmen, à l'endroit où le fils de Ding Zilin, âgé de dix-sept ans, aurait été abattu par des soldats. D'autres membres des Mères de Tian’anmen ont pu organiser la cérémonie annuelle en mémoire de leurs enfants au cimetière de Wan'an, à Beijing, où la surveillance semblait s'être relâchée par rapport aux années précédentes. Avant le dix-huitième anniversaire, une vingtaine de membres des Mères de Tian’anmen ont réussi à organiser un séminaire informel à Beijing pour évoquer leurs sujets de préoccupation. C'était apparemment la première fois qu'une telle réunion était autorisée.
Tout en se félicitant de cette avancée, Amnistie internationale prie instamment les autorités d'aller plus loin et de permettre l'ouverture d'un débat public sur les événements des 3 et 4 juin 1989. Une telle mesure constituerait un pas important vers la justice pour les victimes de la répression et leurs familles.
L'organisation appelle également les autorités chinoises à remettre en liberté toutes les personnes emprisonnées à la suite des manifestations de 1989 et à ordonner une enquête approfondie, indépendante et impartiale sur la répression en vue de traduire en justice les responsables et d'indemniser les victimes ou leurs familles.
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