« Pour Amnistie internationale
Lorsqu’il s’agit de défense des droits de l’homme, je ne fais confiance à aucun gouvernement au monde. Aucun. En matière de droits, démocratie et libertés, la référence la plus fiable est pour moi Amnistie internationale.
Il ne se passe pas un jour, surtout dans les temps actuels, sans que l’on entende des vigoureuses déclarations de gouvernements – démocratiques - condamnant des violations des droits fondamentaux. Cependant, ces indignations officielles se manifestent toujours à propos de ce qui se passe ailleurs, sans jamais mentionner les atteintes contre les libertés commises sous ces mêmes gouvernements – démocratiques. On dénonce ainsi la censure qui brime le cinéaste iranien en même temps qu’on coupe chez soi les fonds publics alloués à la culture. On appuie la révolte populaire arabe, alors qu’il y a à peine quelques semaines, des ministres passaient leurs vacances dans ces pays invités par les dictateurs aujourd’hui déchus. On accuse les seigneurs de la guerre en Afrique pour l’exploitation d’enfants soldats pendant qu’on abandonne un enfant du pays à la torture et à l’injustice de la prison de Guantánamo.
Pour Amnistie internationale, une injustice est une injustice, partout où elle puisse se produire. Amnistie dénonce la censure contre le cinéaste en Iran aussi bien que la menace à la liberté d’expression que représentent les coupures budgétaires en Grande-Bretagne. Amnistie accuse les dictateurs en Égypte et en Tunisie ainsi que les ministres français invités à de somptueuses vacances dans ce pays. Amnistie prend la défense d’enfants soldats en Afrique et d’Omar Khadr, oublié par le gouvernement canadien à Guantánamo.
Et parce qu’il semble que l’hypocrisie continuera à déterminer la conduite des gouvernements – dictatures et démocraties - pour encore longtemps, il faut dire « Bonne fête! » à Amnistie internationale. Et lui souhaiter longue vie, car la petite flamme de cette chandelle entourée de barbelés doit encore éclairer tant d’êtres humains submergés dans la noirceur.
»
– Patricio Henriquez
|